jeudi 26 juin 2014

DSK de retour après une parenthèse inattendue ?



Les sondages sont aux médias et à la presse en particulier ce que la canne blanche est à l’aveugle et la corde au pendu, un accessoire indispensable, mieux sans doute, une prothèse essentielle pour pisser de la copie.

Parmi les derniers arrivages indispensables, nous apprenons avec délectation  que l’action de Ségolène Royal au Ministère de l’Écologie est approuvée par 47% des Français selon l’IFOP qui n’a pas été jusqu’à demander à ces ravis de la crèche de citer quelques aspects concrets des réalisations de la madone du Poitou présentée assez hâtivement et sans doute abusivement comme une  ‘’caution de gauche’’ de l’actuel gouvernement.

Mais ce qui nous transporte d’enthousiasme, c’est la livraison pour le compte du Figaro Magazine de l’étude TNS Sofres qui nous annonce le retour sur le devant de la scène politico-médiatique de l’apôtre du libre–échange et surtout du libre–échangisme Dominique Strauss Kahn.

Celui-ci nous révèle que  DSK recueille 22% d’avis favorables lorsque l’on interroge les français sur la cote d’avenir des hommes politiques. C’est évidemment fabuleux, mêmes si nous ne sommes pas sur que le chiffre 22 rappelle d’excellents souvenirs à l’ancien patron du FMI.

On y apprend également qu’il est à égalité avec Raffarin et Mélenchon, ce qui n’est pas rien, avouons le, mais on ne sait pas ce que donnerait un duel avec Valery Giscard d’Estaing dont on devrait apprendre sous peu la réapparition.

En effet, les médias s’ennuient avec les vedettes du moment, ils sont nostalgiques et rêvent des anciennes stars, ils nous ont déjà vendu le come back de Sarkozy  pendant quelques semaines puis se sont lassés, nous aussi, ils nous proposent désormais la résurrection de ce drôle d’oiseau faisandé, qui aurait niché un temps au Sofitel de New York.

Tel un p(h)énix renaissant des cendres d’une pipe mal culottée, DSK parcourt le monde pour lever des sous et des dessous de soubrettes, avant de faire lever à nouveau les foules d’un hexagone exsangue, c’est en tout cas le souhait de certains commentateurs qui fantasment sur le retour gagnant de l’inventeur inspiré des 35 heures accompagné par son chef du protocole Dodo La Saumure en organisateur d’évènements culturels. 

 Ses supporters les plus enthousiastes le verraient bien entrer sur le terrain à la mi-temps du match pour retrouver la place de meneur de jeu qui lui était promise avant qu’il ne succombe à la tentation naturelle du mâle testotéroné.

Le titulaire actuel du poste serait selon eux, discrédité et n’arriverait pas à la cheville de Dominique au prénom prédestiné malgré de louables efforts dans le domaine de la gaudriole. Ses escapades en scooter sont certes méritoires mais pèsent peu au regard des virées transatlantiques du professeur d’économie  qui aime tant payer de sa personne.

Dans un pays qui s’enorgueillit de la mort orgasmique du Président Félix Faure, le retour en grâce du serial lover est une absolue nécessité nous disent ses thuriféraires les plus convaincus, nous lisons même sous la plume extatique d’un blogueur exalté qu’il serait le seul garant de la paix civile et de la cohésion sociale minée par l’incurie de l’exécutif et la menace de l’extrême droite.

Sans doute faut-il mettre sur le compte d’une hypnose mal administrée par un thérapeute inexpérimenté ou la prise inconsidérée de certaines substances hallucinogènes, cette altération que nous espérons transitoire de la ‘’conscience de soi’’, observée également chez les fans hystériques de Rihanna.

Mais nous pouvons compter sur les instituts de sondage pour faire monter le désir de l’ économiste priapique dans une France gauloise toujours prompte à se vautrer dans le stupre et la  fornication et si notre pays se meurt comme l’écrivait, il y a peu dans Newsweek sa correspondante à Paris, n’en déplaise à cette Cassandre, au moins que ce soit en épectase.

lundi 9 juin 2014

Chat fait du bien, nom d’un chien



La vie comme chacun sait n’est pas un long fleuve tranquille, il faut composer avec les évènements plus ou moins heureux, cohabiter avec les autres et surtout vivre en harmonie avec soi-même et ce n’est pas une mince affaire.

 Au début, ça apparait comme une évidence, on est le plus beau, le plus intelligent aux yeux de  géniteurs convaincus qu’ils viennent de concevoir la perle rare, un savant mélange des frères Bogdanov et de Franck Ribéry. (Si vous êtes du sexe féminin, barrez la deuxième mention et  remplacez la par Nabila).

 Et même si l’hybridation n’est pas parfaite, conjuguer les seules qualités de l’un ou des deux autres laisse augurer un avenir florissant. Par convention, égocentrisme  et surtout par fainéantise, je prendrai le cas que je connais le mieux, le mien.

Vous me pardonnerez cet anachronisme car évidemment l’objet de cette courte étude est né bien avant que les génies cités plus haut n’illuminent l’hexagone de leur immense talent.  Après l’ébahissement convenu et obligé du cocon familial vint le temps de l’étalonnage de mon intelligence présumée avec l’école primaire.

Jusque là, comme il est dit dans ‘’La Haine’’, tout allait bien et puis ce fut le collège et les choses se gâtèrent, si je parvenais à faire rire mes petits camarades dont le cerveau était encore en chantier, j’éprouvais plus de difficulté à susciter l’admiration de mes professeurs, ce qui m’amena à arrêter des études à peine entamées.

S’ensuivit après quelques années erratiques de post adolescence convulsive, une vie professionnelle tropicale somme toute honorable compte tenu du faible bagage débarqué sur le tarmac brulant de Bamako au printemps 69.

Malgré 30 années d’attaques incessantes d’anophèles exclusivement femelles, ce qui confirmait un certain succès avec la gent féminine, et le risque de détérioration de fonctions cognitives innées  incertaines, conséquences possibles d’un paludisme cérébral, je conservai une estime de moi probablement déraisonnable.

 Cette surévaluation égotique m’a malheureusement amené à donner mon avis sur de nombreux sujets, notamment par écrit, alors qu’il n’était nullement sollicité. Et cet exercice est redoutable pour l’estime de soi, car la confrontation avec les lecteurs peut être très dommageable pour un égo enclin à l’hypertrophie même si celle-ci peut être nourrie, anabolisée par quelques commentaires de laudateurs bien intentionnés.

Non seulement mes capacités intellectuelles étaient régulièrement contestées mais aussi mon sens moral, ma mal-pensance et une certaine déviance idéologique confinant au pathologique. Le spleen m’envahissait, engourdissait mon esprit, la dépression me guettait quand opportunément mes yeux se portèrent sur une étude salvatrice.

Cette étude menée par Denise Guastello, professeure de psychologie à la Carroll University (Wisconsin), concluait que les humains qui préfèrent les chats aux chiens obtenaient de meilleurs résultats à des tests d’intelligence.

Bien entendu, il n’était pas question que j’aille tenter le diable en courant chez un psy pour vérifier si la thèse de cette éminente universitaire pouvait être infirmée par quelques rares exceptions d’autant que je suis un fervent ailurophile depuis toujours et que dans mes états de service figure un article intitulé ‘’ Un psy au poil’’ publié en octobre 2012 qui atteste de cette ferveur féline.

Les qualités que cette étude prête aux amoureux des  chats qu’elle décrit plus ouverts, plus sensibles, moins conformistes, plus indépendants me satisfont évidemment même si un biologiste anglais spécialiste des interactions entre l’homme et l’animal ternit ce tableau idyllique en prétendant que le chat perçoit l’homme comme un matou un peu plus gros et surtout plus stupide.

Interrogé avant que je ne lui donne ses croquettes, mon ‘’Bengale’’ m’a assuré qu’il ne partageait pas du tout cette opinion mais qu’il n’y avait pas de quoi fouetter un homme, fut-il scientifique.

Pour conclure ce billet que je souhaite le plus consensuel possible, sachez qu’en cherchant bien, les cynophiles finiront bien par trouver une étude qui soutiendra une thèse diamétralement opposée, ce qui ne pourra que renforcer leur ‘’estime de soi’’ souvent chahutée par les aléas de la vie.

Dis tonton, pourquoi tu me touches ?

Les réunions de famille souvent ennuyeuses et parfois conflictuelles vont enfin pouvoir bénéficier de la calinothérapie, De quoi s’agit –il ?  Il s’agit tout simplement de réintroduire, le terme est peut être trop violent, de la tendresse et même plus si affinités au sein du cadre familial.

 Le tonton libidineux et très tactile qu’on hésitait à inviter pour lui éviter la case prison va pouvoir enfin prodiguer ses aimantes caresses, ses doux effleurements, ses attouchements plus explicites  à la petite nièce ou au petit neveu sans qu’il y ait matière à s’émouvoir.

 Une admonestation ferme, une invitation courtoise à mettre un frein à une soif qui semble inextinguible et l’oncle pourra rentrer bourré chez lui  jusqu’au prochain raout familial.

 Mais que répondre au chérubin qui va regimber et interroger à voix haute le tonton pervers « Dis Tonton, pourquoi tu me touches ? » Et bien pour ne pas rester coi et ne pas gâcher l’ambiance, nous vous avons retrouvé  au hasard de nos errances sur la toile un argumentaire impeccable.

 Il suffira d’expliquer doctement à l’enfant rebelle qui souhaite l’embastillement immédiat du prétendu délinquant « que les attouchements dans le cadre familial ne justifieraient plus la prison  parce qu’ il y a des infractions sexuelles qui ne signalent pas un ancrage dans une délinquance particulière». Et on pourra ajouter pour  bien se faire comprendre que «des personnes qui agressent sexuellement des femmes la nuit, c'est grave et cela peut justifier l'incarcération ».

 Donc, si on veut prendre la peine de décoder cette explication de texte juridique, on en déduit que le viol dans la rue, la pédophilie c’est vilain à l’extérieur mais qu’à l’intérieur du cercle familial, ce n’est pas si grave et en tout cas cela ne mérite pas qu’on en fasse tout un fromage même accompagné par une indigeste piquette.

 L’apprenti législateur ne nous dit pas quel est le périmètre de ce fameux cercle familial afin qu’on puisse mettre une frontière entre ce qui est câlin et ce qui est malsain, ce qui est condamnable et ce qui est permis. 

La notion de famille est en effet assez élastique et variable selon les cultures et selon les époques, il y a les cousins à la mode de Bretagne, la parentèle bambara élargie, la famille recomposée occidentale, ça finit par faire du monde

. L’auteur de cette argumentation  dont on ne sait s’il faut en rire ou en pleurer, est le député PS Dominique Raimbourg qui est aussi le rapporteur de la loi pénale concoctée par Christiane Taubira. 

Finalement, nous optons pour le rire non pas parce que les socialistes seraient supposés détenir un registre comique supérieur aux autres mais parce que ce drôle de paroissien Monsieur Raimbourg qui est le fils de Bourvil a probablement hérité de la vis comica de son papa.

 Peut être n’a-t-il pas appliqué à la lettre les préceptes énoncés par son géniteur dans un célèbre sketch «  L’alcool, non mais l'eau ferru, l'eau ferru, l'eau ferrugineuse oui.  En tout état de cause, les exemples cités par Dominique Raimbourg, sorte de Monsieur Hulot, un peu lunaire, selon le portrait que brosse de lui Libé,  pour vendre  le concept de contrainte pénale,  sont plutôt malheureux et nous les mettrons par affection pour son père sur le compte d’une désarmante maladresse et d’une touchante  naïveté qui étaient l’image de marque de cet immense acteur.

Les chiens aboient, un vol noir de corbeaux passe



Les journalistes ont fait assaut d’imagination lexicale et ont dégainé un vocabulaire réservé aux catastrophes naturelles : tremblement de terre, tsunami, séisme, bing bang ou emprunté aux scènes de guerre : déflagration, décomposition, chaos pour décrire la victoire du FN aux européennes et le piteux état dans lequel se trouvait notre hexagone au lendemain du vote. 

La palme est revenue au plus créatif d’entre eux, le Journal du centre qui a titré un astucieux ‘’ras de Marine’’ mais on peut aussi décerner un brillant accessit à l’éruptif vulcanologue Jean Louis Mélenchon qui compare la victoire du Front National à une éruption volcanique.

Et les artistes dans tout cela, si sensibles, si imaginatifs, si délicieusement rebelles qui savent si bien exalter les bons sentiments, pouvaient-ils rester en retrait, eux, dont le métier est l’exhibition ?
  La révolte est venue de Loire Atlantique où un artiste plasticien Olivier de Sagazan n’a pas hésité  à renouveler la brillante performance qu’il avait offerte gratuitement aux nazairiens le 30 mars dernier après les municipales.

IL avait à cette occasion aboyé pendant sept heures mettant en péril ses cordes vocales, sa santé mentale mais aussi l’intégrité de l’appareil auditif des riverains pour exprimer son indignation devant l’élection de trois marinistes au conseil municipal.

Il ne pouvait donc que récidiver après les élections européennes mais cette fois là, il n’était plus seul, une meute d’une quarantaine d’apprentis artistes cabots, transformés en intermittents du spectacle s’était jointe à la jam session afin d’aboyer de concert (canin) et de conserve (d’aliments pour chiens) devant la base sous marine.

Le rédacteur de l’article ne nous dit pas quelle fut la réaction des vrais canidés mais on peut supposer que la SPA portera plainte pour plagiat. Si cette performance artistique a indéniablement du chien, il ne faut pas mésestimer non plus la contribution inestimable de l’ancien préféré des Français Yannick Noah qui avait chanté sa salutaire colère dans une œuvre impérissable intitulée sobrement ‘’Ma Colère’’.

Une colère, nous chante t-il qui ne triche jamais, même avec le Trésor, qui croit en la justice fiscale, et qui n’a pas de rhétorique pour insulter l’intelligence. 

On veut bien croire cette dernière strophe car si la rhétorique est l’art de l’éloquence, du ‘’bien dit’’, alors sa chanson en est totalement dépourvue et n’a même pas les moyens d’injurier la connerie qui est consubstantielle à la plupart des textes qu’il fredonne.

Mais il fallait un poète non encore disparu, une caution intello socialiste, plus subtil que le tennisman chantant,  pour que nous puissions conclure cette ode à la rébellion artistique, c’est donc l’auteur de ‘’Tête à claques’’, Benjamin Biolay qui incarne à merveille ce titre que l’on voudrait éponyme tant il le vaut bien.

Il a revisité le chant des partisans rebaptisé ‘’Vol noir’’ où il crie du haut de sa rebellitude affectée son désespoir de voir cette France ‘’ tombée sur le cul’’ et assiste impuissant au vol des corbeaux frontistes sur la plaine, lui qui avait pourtant mis tous ses espoirs sur le président normal.

 "Les plus désespérés sont les chants les plus beaux. Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots" écrivait Alfred de Musset. Les sanglots de Biolay, la colère de Noah et les aboiements du plasticien nazairien toucheront-ils cette France péri-urbaine décrite par le géographe Christophe Guilluy qui s’obstine à voter Front National.

Il est permis d’en douter, le discours lénifiant de la bien–pensance politiquement correcte n’a pas fait preuve d’une grande efficacité et le mépris affiché du Bobiolay pour ces volatiles fait penser irrésistiblement au poème de Jean Richepin mis en musique par Brassens  ‘’Les oiseaux de passage’ .
Il leur restera à méditer les deux dernières strophes de cette chanson : ‘’Et le peu qui viendra d’eux à vous, c’est leur fiente, les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux’’.

Copé coulé



Ce mardi matin 27 mai, le siège de l’UMP s’était pour l’occasion  mué en amphithéâtre romain, un péplum s’y tournait avec comme vedette Jean François Copé en Ben Hur de circonstance.

Les metteurs en scène ont longtemps hésité sur la nature des jeux qu’ils proposeraient, ils avaient le choix entre le lâcher de fauves, et  une naumachie, en bon français, une bataille navale.

L’épilogue attendu ne laissait guère de place à l’incertitude, le ‘’bestiari’’ Copé terminerait en steak haché dévoré par un Bygmalion vorace qu’il avait pourtant élevé au biberon, on ne dira jamais assez l’ingratitude de ces félins

 L’autre alternative n’était pas plus réjouissante, il finirait coulé au fond du marigot des politiciens requins creusé pour l’occasion par des émules de Domitien. Hélas ceux-ci n’avaient pas prévu, en raison d’un maigre budget, d’y inclure dans la distribution de ravissantes néréides susceptibles d’adoucir la plongée en enfer

 Le scenario était écrit, le trop pressé Copé qui s’était auto-désigné vainqueur des élections pour la Présidence de l’UMP après un simulacre de comptage tel un dictateur zimbabwéen mourrait à la fin d’avoir eu trop faim de pouvoir
Sa défense était pauvre, après le déni, l’indignation surjouée, il opta pour la célèbre stratégie Virenque dite ‘’ à l’insu de son plein gré’’ qui avait fait flores chez le célèbre horloger Festina dans les années 90.

 Les patriciens ne voulurent rien entendre, baissèrent le pouce, lui enjoignirent d’arrêter son char et confièrent la clé de l’amphi à un triumvirat de vieux caciques.

Pendant ce temps, les médias survoltés se chargèrent de raconter le pitch de l’histoire à la plèbe abasourdie qui n’avait pas été conviée au spectacle.

 Dernier coup de pied de l’âne ou ultime faveur d’un Copé-coulé à son ennemi socialiste ?  Le récit médiatique de ses turpitudes occulta  la magistrale intervention pourtant enregistrée d’un Président si perturbé qu’il déclara sans rire  «C'est vrai, partout les partis européens progressent

Un Président improvisé



L’évènement a été insuffisamment commenté à notre goût et pourtant il est de nature à redonner le sourire  à notre président mal aimé par des sondés à l’estomac ulcéré. 

François, l’as de la blagounette solferinienne a honoré de sa présence, le lundi 19 mai  au théâtre ‘’Le Comédia’’ La finale nationale du Trophée de l’Improvisation. 

Afin d’être raccord avec cette manifestation, on nous rapporte que la visite ne figurait pas sur l’agenda présidentiel et qu’elle était donc improvisée. Rien que pour ce magistral sens de l’impromptu, et son aisance scénique sur tous les tréteaux du monde de Tombouctou au 10ème arrondissement parisien, il méritait d’être présent à cette ‘’jam session’’ comique.

Les spectateurs présents ne s’y sont pas trompés et l’ont chaleureusement applaudi, reconnaissant en lui un humoriste né, un roi du stand up, même si beaucoup d’entre eux n’avaient pas assisté à son plus désopilant numéro ‘Mon ennemi, c’est la finance’’ devant 20.000 fans déchainés au Bourget en Janvier 2012.

Là, il avait enchainé les vannes en rafales avec son phrasé emprunté à Mitterrand, un peu haché, comme s’il devait passer ses mots dans un presse purée avant de nous les restituer, sans oublier une gestuelle rigide et saccadée digne de Robocop qui avaient ravi les militants et enthousiasmé les médias.

Si nous ne devions n’en retenir qu’une parmi ses innombrables et croustillantes saillies qui prennent toute leur puissance comique avec le temps qui passe, celle qui devrait se faire bidonner à s’en tordre les boyaux, les militants du Front de gauche, serait probablement celle-ci « Je suis socialiste. La Gauche, je ne l’ai pas reçue en héritage. Il m’a fallu décider lucidement d’aller vers elle »

Bon, reconnaissons le, ce choix est subjectif et dépend de l’auditoire, les banquiers ont beaucoup goûté à cette autre « Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance »

Le stand up, contrairement aux apparences et à une mise en scène minimaliste, ce n’est pas de l’improvisation. Ca peut y ressembler lorsque l’enthousiasme du public pas si fréquent par ces temps de bourrasques sondagières  vous incite à digresser et à sortir la vanne censée vous mettre l’auditoire dans la poche.

Il lui arrive par conséquent d’improviser parfois maladroitement comme lorsqu’il avait fait cette boutade au CRIF en décembre dernier pour évoquer un voyage de Valls, alors Ministre de l’Intérieur de retour d’Alger «Il en revient. Sain et sauf et c’est déjà beaucoup ».

Mais on doit bien reconnaitre que depuis deux ans, le domaine dans lequel il est insurpassable, c’est  l’improvisation politique, qu’elle est même sa marque de fabrique et qu’il n’a aux dires des spécialistes pas de concurrent de son niveau, même si d’aucuns, plutôt grincheux, parlent d’incohérence. 

Il suit l’inspiration du moment, en virtuose de la commedia dell'arte, multiplie les effets d’annonces, et au gré de divagations et fulgurances successives, inverse la courbe du chômage, retourne  l’économie, noue des pactes de responsabilité, de solidarité, de compétitivité, qui finissent par donner le tournis à une France déjà heurtée par les  nombreux chocs subis

Il était donc normal qu’il soit l’invité d’honneur surprise de Jamel Debbouze à la fois pour l’ensemble de son œuvre hélas inachevée et parce que la Corrèze représentée à  l’Elysée c’est aussi un peu la diversité.
En remettant le prix, notre facétieux Président a voulu avoir le mot de la fin, aussi abscons qu’équivoque, évoquant sans doute une prochaine évolution sociétale « J'ai voulu que mon quinquennat tourne autour de la jeunesse ».