dimanche 27 avril 2014

Des verts à la vertigineuse vertu



L’intitulé de ce billet sonne comme une lapalissade mais de temps en temps il est bon de rappeler les évidences. L’état major du parti pourtant si bien EELV a signifié une fin de non recevoir aux avances pressantes de Hollande pour participer au gouvernement dirigé par le fougueux catalan. 


Cette décision obtenue par 7 voix contre trois n’a pas réjoui outre mesure un  trio d’écolos désireux d’aller manger dans les gamelles ministérielles dont le fameux Jean Vincent qui s’estimait pourtant bien placé. 


N’avait-il pas ce multi récidiviste aux 123 infractions routières, désireux de se racheter une conduite, déclaré la semaine dernière qu’il n’avait pas l’intention de se livrer à un nouveau délit, de faciès celui là, à l’encontre du fougueux Manuel.


Tout comme Nicole Bricq qui n’en a guère cassé durant l’exercice de son ministère mais qui s’est révélée une redoutable critique culinaire, les deux écolos qui étaient allés à la soupe pendant 22 mois et avaient avalé de multiples couleuvres commençaient à ressentir l’attaque des sucs gastriques sur des estomacs qui tout comme eux, avaient tendance à s’ulcérer.


L’idée même, d’avoir à supporter les emportements et les incessants coups de menton d’un socialiste génétiquement modifié par la pensée libérale et aux idées quasi fascisantes leur était insupportable.

Lorsque Valls avait déclaré à propos des Roms  que seuls quelques uns d’entre eux souhaitaient s’intégrer,  Cécile Duflot avait répondu vivement dans un français approximatif qui se voulait solidaire avec celui de Léonarda «On ne peut pas dire qu’il y a une catégorie de population où leur origine justifierait qu’elle ne puisse pas être intégrée et que leurs pratiques et modes de vie sont un dérangement pour leur voisin »


Bien sur, c’est une vertu de mascarade  dans laquelle viennent se draper les deux écolos sortants qui pensent déjà aux européennes et même à la prochaine présidentielle pour Duflot car, comme pour les voitures d’occasion, le vice n’est jamais caché bien loin. 


« Nous ne sommes pas au gouvernement pour être au gouvernement. Vous savez, Cécile Duflot, on lui a proposé la place de numéro deux du gouvernement, mais sans changer de ligne », a ajouté l'ancien ministre de la Coopération.


On aura donc échappé au pire, mais fallait-il que notre ex brillante Ministre du Logement éprouve la nécessité de se refaire une virginité ‘’bio’’ à bon compte pour qu’elle refuse le poste prestigieux qui reviendra en fait à la madone du Poitou dans le cadre de la procédure de regroupement familial.


Un philosophe grec prétendait que la vertu se situait à mi chemin entre deux vices,  gageons que nos verts à la vertigineuse vertu retrouvée sauront désormais garder leur équilibre afin de préserver dans l’opinion cette nouvelle image immaculée qui avait été écornée par deux années de participation sans relief à un exécutif à la dérive.

Tartarinades en cascades



La droite eut en son temps les raffarinades, formules souvent imagées et pléonastiques qui furent même compilées dans un ouvrage par André Bercoff et Eric Giacometti en 2002. Si nous devions en distinguer une  parmi ce florilège, nous serions tentés de retenir celle-ci, pour la postérité « Il est curieux de constater en France que les veuves vivent plus longtemps que leurs maris »

La gauche qui aurait du méditer une des plus célèbres d’entre elles « Notre route est droite, mais la pente est forte » décida d’imposer d’emblée son style volontaire et déterminé qui débuta par la célèbre anaphore hollandaise qui résonne maintenant comme la première tartarinade du quinquennat.

Si l’homme de ‘’la France d’en bas ‘’  avait le souci pour ne pas lasser son auditoire de varier les thèmes de ses truismes, le socialiste a souvent la tartarinade feuilletonesque, voire monomaniaque.

Nous en voulons pour preuve la plus emblématique de toutes, celle de l’inversion de la courbe du chômage un peu répétitive qui semble même s’être muée en aversion pour notre vaillant Ministre du Travail.

 Nous avons cherché en vain à le débusquer le mercredi 26 Mars sur notre petite lucarne afin qu’il vienne nous commenter les derniers chiffres du chômage, très angoissés par son étonnante absence, nous nous sommes étonnés que les pouvoirs publics n’aient pas songé à déclencher l’alerte enlèvement.
  Mais il serait injuste de résumer les forfanteries solferiniennes à cette tartarinade lancinante et déprimante qui n’amuse même plus les militants socialistes les plus fidèles et qui désespère les files d’attente aux guichets de Pôle Emploi.

Nous avons beaucoup aimé aussi lors de l’épisode syrien le « retenez moi ou je fais un malheur » suggéré par la volonté de notre chef de guerre de punir Bachar El Assad qui n’a même pas eu la décence d’esquisser un tremblement compatissant, un début de tachycardie, une simili sidération qui lui auraient  permis de sauver la face.


Mais ce qui atteste le plus de la filiation incontestable du Parti socialiste avec le fameux chasseur de lions imaginaires d’Alphonse Daudet, c’est la déclaration de son secrétaire général Harlem Désirless lors du point de presse au soir du 1er tour   "D'ores et déjà, dans plusieurs de ces villes les listes socialistes ont pris la décision et ont annoncé qu'elles se retiraient. C'est le cas en particulier à Tarascon et à Saint-Gilles", a-t-il dit.

Plus front républicain que ça, tu meurs, car la liste du PS arrivée 3ème  à Tarascon qui n’a réalisé que 6.43% des suffrages exprimés ne se contente pas d’être éliminée de facto, elle y ajoute le panache du désistement superfétatoire.


Heureusement les tartarinades comme le ridicule ne tuent plus de nos jours et tous nos caciques de la rue de Solferino pourront trouver dans la lecture du livre d’Alphonse Daudet le réconfort nécessaire puisque l’on sait  que Tartarin finira par être porté en triomphe par ses concitoyens à la suite d’une providentielle méprise.

Mon beau Sapin, roi de la conisphère



Il faut laisser le temps au temps avait coutume de dire Mitterrand qui savait écouter les gens et ne s’en privait d’ailleurs pas.


Nous avons-nous aussi, pris un peu de  recul après cette effervescence médiatico-politique qui a secoué le microcosme politique ces derniers jours.


 Faute de pouvoir nous faire une idée précise sur la dernière affaire concernant l’ancien président, sauf à prendre pour parole d’évangile ce que déclarent ces nouveaux supplétifs de la justice que sont devenus certains journalistes, nous nous contenterons d’attendre sagement que celle-ci se prononce.


Le flux de la marée s’étant retiré, il ne nous reste qu’à en scruter l’écume avant qu’elle ne reparte emportée par le vent d’autres affaires ou scandales à venir.


Dans sa contre attaque virulente, Sarkozy évoquant le film ‘’La vie des gens’’ a  renvoyé contre ses adversaires une sorte de point Godwin à front renversé, une ‘’reductio ad stasium’’ pendant droitier de la fameuse  ‘’ reductio ad hitlerum ‘’ censée clouer au pilori tout contradicteur déviant.


La gauche autoproclamée morale ne s’était pas indignée quand le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) du département de la Vienne avait placardé en 2011 une affiche assimilant l’ancien président à Hitler, pas plus d’ailleurs lors de l’affaire du ‘’mur des cons’’.


Il est vrai qu’aucun de ses membres n’y était stigmatisé, pourtant il est permis de douter de l’immunité dont elle bénéficierait en matière d’inepties et d’âneries proférées et les embruns d’écume médiatique qui nous sont parvenus nous laissent dubitatifs.


Nous passerons sur la sortie du petit Benoit Hamon ne voyant "pas de problème à être écouté" si "on n'a rien à cacher" qui nous promet un radieux avenir orwellien et sur celle de Bartolone évoquant Berlusconi mais omettant de préciser que la tête sous le casque de Daft Punk rue du cirque était celle de son ami François.

Jean-Christophe Cambadélis, expert juriste  bien connu pour son expérience vécue sur le tas invoque sans rire sur son blog « l’atteinte à l’état de de droit » tandis que son compère en déboires judiciaires Harlem Désir goûte avec délectation les nouvelles révélations de Médiapart et somme Sarkozy de s’expliquer.




Sans doute oublie t-il qu’il était plus réservé lors de l’affaire Cahuzac quand il s’indignait contre ce même journal « Si on commence à lancer des accusations, il faut des preuves sinon il ne faut pas les lancer »

Ces deux éminentes personnalités ne supportent pas l’actuelle virginité judiciaire de l’ancien président et s’impatientent de le voir rejoindre le cercle élargi des politiciens condamnés, mais l’impatience est un vilain défaut qui ne s’arrange pas avec l’âge et la prise de conscience du caractère  éphémère de la vie, en général, et de la vie politique en particulier.

Même Hollande en 2010, commettait la même faute dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux et se montrait impatient envers son ami Plénel qui n’avait pas toujours pas encore arrêté le délinquant tout en lui concédant qu’il faisait  plus que son travail.

Mais s’il faut distinguer un vainqueur, c’est à Sapin, vaillant soldat de la Hollandie, que le titre revient, son patronyme n’est pas usurpé, il est vraiment le roi incontesté de la conisphère, le promoteur de l’inversion ou qui sait peut être plus tard, de l’aversion de la courbe du chômage.

Lui qui doit faire preuve d’une inventivité remarquable chaque mois pour commenter les chiffres du chômage et nous expliquer que tout va bien dans le meilleur des mondes a quand même du mal à maitriser sa communication.

N’a t-il pas déclaré récemment sur Europe  « Au début, il y a des enquêtes contre Nicolas Sarkozy, à la fin, il y a des enquêtes contre Nicolas Sarkozy. Et on va s’occuper des enquêtes de Nicolas Sarkozy… » Puis il se reprend : "enfin, les juges vont continuer à s’occuper des affaires de Nicolas Sarkozy »

Ouf, on a eu peur, ce n’était qu’un lapsus linguae, diront les commentateurs bienveillants, imaginer qu’il puisse être aussi efficace contre Sarko que contre le chômage, l’embastillement du délinquant n’est pas pour demain.

Saluons tout de même pour conclure, la création originale  de la nouvelle notion de coup d’état verbal, de putsch oral, qui devrait permettre dans les années à venir d’éviter les bains de sang quand il conviendra de détrôner quelques potentats rien que par la magie du verbe.

Manger des légumes rend méchant



Bon, je le concède, je regarde rarement en direct et jamais en intégralité l’émission de Ruquier ‘’On n’est pas couché’’ mais il m’est arrivé d’en voir quelques bribes au hasard de pressions incontrôlées sur ma zapette ou ma souris.

C’est ainsi que m’est apparu dans la petite lucarne un rebellâtre à chemise ouverte aux faux airs de BHL de bazar, remplaçant Audrey Pulvar, l’égérie du lunettier Bonnet spécialiste des écailles de tortue. Dans ce jeu de rôles imaginé par Ruquier, il fallait opposer à la réac de service Natacha, un progressiste éclairé.

Substituer à une complice de l’extermination des tortues marines, un apprenti philosophe romantiquement débraillé et adversaire résolu de la corrida ne pouvait que me ravir.

Regarder la télé à  travers les larges verres souvent embués par le liquide lacrymal d’une chroniqueuse à fleur de peau, si préoccupée par la misère du monde et sa myopie, n’est pas chose aisée quand on est soi même un peu miro.

En outre, j’appris que cet intellectuel de gôche, oxymore ou pléonasme, à chacun de choisir selon sa sensibilité, qui végétait jusqu’alors dans le journalisme était aussi végétarien et cela me réjouissait.
 De récentes études ont conclu que  les végétariens affichent une meilleure humeur et moins d’émotions négatives et de stress que les omnivores.

J’étais donc tenté, malgré mon aversion pour les légumes, par ce régime susceptible d’adoucir mon humeur atrabilaire, mais je voulais aussi en vérifier les bienfaits à travers les interventions du pendant senestre et sinistre à la fois de  Natacha Polony.

Il n’était pas question pour autant de m’imposer la vision durant trois heures d’ ‘On n’est pas couché’’, pour deux raisons essentielles, je n’ai pas le gout du sacrifice et l’emploi du ‘’on’’qui se  veut inclusif à généralement tendance à m’horripiler.

Pour mon étude approfondie sur les bienfaits du végétarisme sur l’affabilité humaine, je n’avais hélas à ma disposition qu’un cobaye disponible, l’auteur du célèbre ouvrage ‘’No steak’’ que je n’ai pas encore lu mais dont je devine la trame : l’extermination d’une kyrielle de garçons bouchers pour venger l’assassinat de la vache du célèbre prisonnier Fernandel.  

Pour juger de la grande urbanité du bretteur au gracieux prénom médiéval, il me suffisait de naviguer sur le web et de taper son patronyme, j’eus droit ainsi aux innombrables faits d’armes les plus brillants  du spadassin du camp du bien.

Évidemment, je ne le trouvais pas aussi affable que son régime alimentaire le promettait mais c’était pour la bonne cause, et les affreux arriérés, traditionalistes, rétrogrades que Ruquier se faisait un malin plaisir à lui opposer ne méritaient pas un autre sort que de passer à la moulinette à gros légumes.

On peut être végétarien et avoir l’estomac fragile, ce qui conduit immanquablement à n’en consommer certains qu’écrasés sous forme de purée après avoir au préalable jeté les épluchures à la poubelle.
Les variétés qui lui étaient proposées étaient particulièrement indigestes et on peut comprendre son haut-le-cœur à la vue de certaines, Finkelkraut, Tilinac, Frigide Barjot, et je ne cite que les plus comestibles d’entre elles.

Malgré tout, sa courtoisie avait été souvent mise en défaut et sa bienveillance végétarienne ne me paraissait pas aussi indiscutable que le laissaient accroire les études que j’avais lues. Mais le doute subsistait encore dans mon esprit.

Le dernier accrochage avec Natacha Polony  finit par me convaincre que contrairement à ce que j’espérais, le végétarisme n’avait aucun effet positif sur les cerveaux binaires.

 Tout du moins, pour ce qui concerne l’amabilité même si l’impartialité m’oblige à constater que sa partenaire télévisuelle cumule plusieurs défauts, elle est réac, cultivée, plutôt pondérée dans ses propos, et s’apprête à quitter le navire.

On pourra m’objecter que mon étude n’est pas sérieuse, que le panel retenu est trop peu représentatif, je peux en ma qualité d’omnivore invétéré, me montrer aussi insupportable et sectaire que lui, aussi infatué de mon auguste personne et déclarer sans vergogne  que manger des légumes rend méchant.