samedi 5 janvier 2013

Quand la téléréalité dépasse la miction !




Est –il nécessaire de regarder les émissions de la télé bidonnée, scénarisée,  pour en dire du mal, mieux, peut-on en deviner l’indigence en ayant coupé le robinet à images pour préserver la couche d’ozone ? Plus fort que Majax et le mage Rabindranath Duval du sketch culte sur la divination des regrettés Francis Blanche et Pierre Dac, je vais tenter l’impossible.

A la télé,  d’ailleurs rien d’impossible, çà fait quelques années que la petite lucarne s’esclaffe pour vous dans les sitcoms aux dialogues aussi plats que les poumons de Birkin. Ce faisant, elle vous épargne les affreuses rides d’expressions provoquées par vos zygomatiques qui vous remontent les commissures des lèvres jusqu’aux oreilles encore mieux que ne le ferait un excité de la  machette pour égorger vos fils et vos compagnes.

Évidemment, c’est parfois humiliant, ce manque de confiance envers le téléspectateur, ce rire artificiel, mais il présente le même avantage que les fleurs artificielles sur les naturelles. Il n’a pas besoin d’être arrosé de substances euphorisantes, dure plus longtemps et peut être  renouvelé à l’infini.

Parfois, le spectacle est si affligeant que l’on a envie de pleurer et l’on s’étonne que personne n’ait encore eu l’idée d’inventer la boite à pleurs qui aurait pour effet d’épargner nos glandes lacrymales déjà suffisamment mises à contribution durant nos tristes vies.

 Sans compter la possible déshydratation dont les effets sont dévastateurs pour les personnes âgées dont on nous dit qu’elles ne ressentent plus la soif, ce qui expliquerait leur relative sobriété.

Comme chacun  peut le constater, la télé fait déjà beaucoup pour nous, elle nous fait guerroyer par procuration, nous télé-vend le dernier four multifonctions, nous  fait baiser dans une piscine, nous marie, nous dégotte un nouvel appartement, nous bazarde l’ancien, nous fait manger des vers, chanter des niaiseries, danser avec les stars, nous en fabrique de nouvelles, cuisiner avec le sympathique frère de Demorand, discuter du sexe des anges, nous dit que l’amour est aveugle, nous permet de nous débarrasser de notre couillon de fiston, nous fait découvrir des ch’tis, des marseillais aux accents différents mais aux fautes de français interchangeables…..

  Comme toute cette somme d’efforts s’effectue avachi dans un canapé qui doit lui aussi beaucoup à ce bovidé, la télé qui n’en est pas à un paradoxe près nous balance insidieusement un petit bandeau où elle nous incite entre autres recommandations à manger autrement et surtout à  bouger. On voudrait bien bouger, mais jamais sans notre poste. 

Mais s’il ne regarde pas les émissions de télé réalité où a-t-il déniché cet inventaire à la Prévert de tous les travers de notre petite lucarne ? La magie, vous dis je et comme dans tous les numéros de magie, il y a un truc et mêmes plusieurs, la lecture des programmes et la zapette qui vous permet d’un doigt agile de tomber invariablement sur les nouveaux héros du monde moderne, les candidats anciens, à venir, recyclés de la téléréalité en quête de célébrité.

N’allez pas croire que je souhaite comme le marquis de Montebourg du Redressement Productif des programmes l’arrêt de ces émissions, d’autant qu’il faut s’entendre sur le concept de téléréalité, certaines réclament un minimum de savoir faire, de compétences dans le domaine artistique ou culinaire.

D’autres comme Loft Story et autres déclinaisons ne réclament qu’une conformité parfois surjouée aux stéréotypes souhaitées par la production, bimbos siliconées, don juan de pacotille équipés de pectoraux  assortis aux abdos Jeff de Bruges, homos de préférence ‘’cage aux folles’’, les vipères lubriques, les faux jetons vrais cons, le tout agrémenté de  quelques benêts sympas censés ressembler à la majorité téléphage.

C’est sans doute par abus de langage, ou paresse intellectuelle, que l’on met dans le même cabas de la téléréalité les télé-crochets où l’on n’ apprend pas comme leur nom pourrait le laisser croire la maille à l’endroit et la maille à l’envers et les télé-marmitons où un critique culinaire en foulard à la légitimité aveuglante  insulte copieusement les candidats mitrons.

Comme le disait une célèbre télé sociologue, c’est leur choix. Comme le dealer doit son existence au client, le masochiste ne s’épanouit que grâce au sadique et rien ne lui interdit ensuite l’inversion des rôles. 

J’ai moi-même été accro à  la seule vraie émission de téléréalité, Strip Tease, qui ne scénarise pas, n’habille pas, ne travestit pas, même s’il subsiste le biais d’une caméra dont la présence ne doit pas s’oublier aussi facilement qu’on veut bien nous le dire,  mais au contraire  déshabille et vous livre brut de décoffrage quelques tranches de vie dans lesquelles nous n’aurions pas envie de mordre.

Puis progressivement, même si j’ai parfois beaucoup ri, un peu comme dans ‘’Les Deschiens’’  le malaise s’est installé, l’amusement a cédé la place à la gêne. Il y a quelque chose de pathétique dans cette misère ou arrogance sociale selon les thèmes et les milieux pauvres ou riches qui nous sont livrées en pâture.

C’est une manière assez malsaine de se redonner le moral, de retrouver une estime de soi souvent mise à mal  par les aléas de la vie en constatant  qu’il il y a plus con et plus pourri que nous ?

Non, si je me refuse  à visionner un épisode complet de cette pseudo téléréalité, c’est  tout simplement par peur du vide vertigineux qui attire et envoute, pour lutter contre le désir de chute, la fascination pour l’abime dans lequel il est si facile de s’abandonner. 

Au point, qu’en dissertant sur la vacuité, je ne me suis pas rendu compte du trop plein de ma vessie, phénomème fréquent des vases communicants, dont le signal n’est pas parvenu à mon cerveau trop occupé à traverser les océans du vide, ‘’Always lost in the vessie’’.  Ou quand la téléréalité dépasse la miction !  

Plus belle la vie avec un beau sapin



L’année 2013 sera sans nul doute radieuse, à l’image de la cité du même nom  imaginée par Le Corbusier à Marseille, les bonnes nouvelles s’amoncellent, notre ministre de la culture et des labours a décidé de s’impliquer dans les programmes de la télévision publique.

Lassée de l’incompétence du patron de France Télévisions qui a, comme autre handicap, un patronyme qui ne se prononce pas mais s’éternue, elle a entrepris de réaliser avec l’aide de la célèbre société de production Hollandemol, un conte pour adultes.

Pour ce faire, elle n’a pas mégoté sur la distribution, le sapin, un épicéa commun, est interprété par Michel, artiste altruiste  plus préoccupé par la déchéance des autres que de la sienne, les boules par Torreton, ancien chasseur de primes au Conseil Municipal de Paris et  ex traqueur de subventions et d’exilés fiscaux. L’enguirlandé marquis préposé au redressement productif  complète la distribution et la décoration. 

La neige, personnage mutique mais important devait être confié à Depardieu, la réalisatrice lui prédisait un avenir rayonnant  dans le cinéma muet, mais celui-ci s’étant lâchement enfui en scooter outre-quiévrain, notre ministre de la culture et des labours, également spécialiste des effets spéciaux, notamment de l’enfumage s’est attribué le rôle.

La musique aux accents outrageusement dramatiques a été composée par le  sombre Ayrault de l’armée mexicaine qui a eu l’idée incongrue d’écrire une symphonie wallonne en la ‘’minable’’.
Certains critiques qui ont eu comme moi l’immense privilège d’assister à l’avant première de ce  conte de noël et du 1er de l’an ont désapprouvé  le choix de Michel qui a perdu depuis longtemps de nombreuses aiguilles au détriment  d’un sapin de Nordman aux aiguilles disposées en brosse relevée et à la fière allure.

Ce choix contesté a été imposé par des restrictions budgétaires et  celui qui tient les cordons de la bourse au sein d’ hollandemol a fait valoir deux arguments de poids, il ne voulait pas provoquer outre mesure l’ire d’Edwy l’inquisiteur médiatique qui le poursuit de sa vindicte et rappelé que dans une vie antérieure il fut spécialiste des implants capillaires et pourrait si besoin ‘’réaiguiller’’  l’épicéa commun.

Pour ma part, je n’ai pas été choqué par la décision d’attribuer à Michel le rôle ingrat du sapin, acteur totalement naturel, garanti sans implants OGM et en tout cas plus crédible qu’un certain Sylvio, un moment envisagé par la production. 

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une œuvre de création mais d’une libre adaptation d’un film Smic, Smac, Smoc réalisé en 1971 par Claude Lelouch. C’est l’histoire de trois ouvriers des chantiers navals, Charlot, Jeannot et Robert, surnommés respectivement  "Smic", "Smac" et "Smoc", qui  en ont assez de n'être payés que le SMIC. La suite est une comédie loufoque, chemin que n’a pas voulu emprunter la réalisatrice inspirée, quoique !

Dans le conte, les trois ouvriers qui se nomment Roger, Kevin et Amir ne travaillent pas sur les chantiers mais dans le dernier atelier de confection artisanal de l’hexagone spécialisé dans les strings de chippendales. C’est peu de dire qu’ils sont sur la corde raide dont ils ont du mal à joindre les deux bouts.

 Mais ils pensent néanmoins tenir cette même corde pour pouvoir bénéficier d’une substantielle augmentation du SMIC en ce début d’année 2013. Comme le dit Bruno-Roger Petit avec des trémolos dans la voix, « c’est quand même un gouvernement de gauche ».

Roger et Kevin vivent en colocation depuis plusieurs années, tandis qu’Amir danseur de claquettes ouszbek les a rejoints récemment, attiré par les réformes sociétales du nouveau gouvernement : le mariage pour tous et le droit de vote des étrangers.

Il a obtenu le statut de réfugié politique en arguant qu’il ne pouvait supporter d’écouter à la radio nationale le duo magique composé de la fille du président Gulnara Karimova avec Gérard Depardieu. Quand je m’aventure à objecter à  la réalisatrice que le départ d’Amir d’Ouzbékistan est antérieur à la diffusion de la chanson, elle concède l’anachronisme mais fait remarquer finement qu’il s’agit d’un conte et non d’un documentaire historique.

Et pour enfoncer le clou, elle nous confie que l’idée d’un rapprochement même vocal entre la fille du dictateur et l’exilé fiscal lui était insupportable. Elle conclut enfin par un argument massue, la chanson concernée s’intitule "Nebo moltchit" ("Le ciel se tait", en russe) et me dit que je serai bien avisé d’en faire de même.

Évidemment, l’intrigue est assez plate, la vie de trois accordeurs de strings attendant impatiemment l’augmentation du smic est des plus banales, alors afin de rendre le suspense plus acceptable leur offre t-on en guise d’esquimaux les douces diversions sociétales dont ils raffolent. 

J’ajoute, et c’est tout à son honneur, que la réalisatrice s’est refusée à tomber dans le graveleux en se laissant aller à filmer la vie sexuelle du trio à cordes.

Mais  je ne résiste pas à vous narrer ce qui constitue pour moi mais aussi pour ‘’Les Cahiers du Cinéma’’ la scène d’anthologie de ce conte lorsque le sapin se décide enfin à mettre fin à l’angoisse insoutenable qui nous étreint compte tenu de  la formidable empathie que nous éprouvons à l’égard de ces trois héros.

Un épicéa qui parle, c’est déjà pas commun, en épicéan de surcroit, langue proche de l’araméen, celle du christ, c’est encore plus original, mais ça peut rester abscons pour trois ‘’petites mains’’ qui n’ont pas lu les écritures.

D’où l’idée géniale de la production d’avoir engagé pour le  doublage grâce à une autorisation spéciale du fisc belge,  l’acteur Benoit Poolvorde, bonimenteur de talent qui prête sa faconde inimitable de vendeur d’épluche légumes magique.

 « Ecoutez moi bien, ‘’mssiers dames’’ cette augmentation je pourrai vous la faire pour un, deux, voire cinq pour cent, que vous n’y verriez que du feu, et bien non, je vous la laisse, non pas pour 0.9, 0,8, ni même pour 0,5, non, je vous la brade pour 0.3% car c’est mon jour de bonté !

Je ne vous raconterai pas la scène finale de liesse populaire qui suit avec nos trois héros brandissant leurs calculettes  car vous seriez tentés d’aller dépenser par anticipation au bistrot du coin cette mirifique augmentation au lieu de passer une belle soirée en famille devant la petite lucarne.

Sachez seulement qu’au moment ou le public se lève ravi, pendant que défile le générique de fin avec les remerciements aux deux autres sociétés  coproductrices : ‘’les Calculettes de Bercy, et  ‘’le Changement c’est maintenant’’, une phrase s’inscrit en lettres d’or pour clore  ce féérique conte  « Plus belle la vie avec un beau sapin !». 

Une salve d’applaudissements éclate dans  la salle de projection  tandis que simultanément un raz de marée de larmes l’inonde et la submerge dans un tsunami émotionnel intense et l’assemblée de reprendre en chœur cette antienne composée par le BRP cité plus haut «C’est quand même un gouvernement de gauche et ça change tout » 

Reviens vite riche con, on a besoin de pognon !



Libé, le journal désinhibé s’est peut être tiré une balle dans le pied, pulvérisant ainsi les quelques neurones qui s’y étaient réfugiés,  avec  sa fracassante une ‘’Casse toi riche con’’ en souhaitant bon vent à Bernard Arnault qui avait précédé Gérard Depardieu le célèbre Manneken-Pis volant  en Belgique. 

La Belgique, son micro climat fiscal, son sable fin, ses palmiers, ses moules frites, son karateka philosophe, son entarteur crémeux, son roi des belges, c’est tentant quand même pour un riche en mal de sensations fortes.

On me dira, traiter son prochain de con n’est pas un outrage mais un simple diagnostic. Le patient est donc parti et le journal farceur a remis le couvert quelque temps après avec ‘’ Si tu reviens, on annule tout’’. Le riche n’est pas revenu, con sans nul doute, peut être un peu sourd, mais pas têtu. 

Chez Libé, c’est une tradition, on aime se moquer des riches, enfin certains riches, faut pas déconner non plus. Comme l'antisémite a ses bons juifs, Libé a ses bon riches, ceux qui crachent au bassinet,  enfin qui crachaient, car mon bon ami c’est la criiiiiise, comme disait Coluche.

Le problème, c’est que le canard se vend de moins en moins, les ventes s’écroulent, moins de 30% en un mois selon les autres gazettes qui s’en lamentent ou s’en réjouissent discrètement, c’est selon.

On se demande bien pourquoi ? On peut écarter d’emblée le manque de talent des journalistes, les unes en témoignent, les contenus éditoriaux d’une rare originalité aussi. Bien sur parfois, abusent-ils comme leurs collègues issus du même moule de la technique du copier-coller des dépêches de l’AFP mais peut on leur en vouloir.

Élevé comme des ovins dans des bergeries identiques, ils se comportent tout naturellement comme des moutons, le panurgisme est une seconde nature pour eux.  Surtout quand il s’agit de colporter les mêmes âneries sur les rares déviants de la presse écrite et audio visuelle qu’ils livrent à la vindicte de leurs cochons de payants, et dont ils souhaitent parfois un avenir radieux au pôle emploi.  

 
 Je vous rassure tout de suite, il ne s’agissait pas de faire balancer le corps du luxueux Bernard au porche du pavillon de chasse de Normal 1er, mais de lui signifier à quel point il était méprisable.

Aux dernières nouvelles, la Belgique qui n’aime pas le faste ostentatoire ne montrerait pas d’empressement à le naturaliser, la belgisation, c’est comme les antibiotiques, c’est pas automatique. 

 Formulons une autre hypothèse pour expliquer cette dégringolade des tirages, le départ de l’autre Nicolas en mai a manifestement fait du mal  au fonds de commerce de Libération qui disposait en  stock  d’une saga quinquennale riche en rebondissements que l’arrivée d’une normalitude frôlant la platitude n’a pas su réveiller.

Bien sur, ils pourront toujours ressortir de la naphtaline quelques rogatons sarkoziens soldés mais la clientèle de Libé est exigeante et ne saurait se contenter comme le vulgum pecus de plats réchauffés.  

Alors, on a délégué des envoyés  spéciaux  permanents aux frontières belge et suisse  pour traquer les ‘’harpagon’’ hexagonaux fuyant, la cassette sous le bras. Bernard et Gérard infortunés fortunés ont été pris dans les radars médiatiques et ont sans doute stimulé quelque peu, et pour quelque temps, les tirages anémiés de Libé.

Mais tout ceci ne suffit pas sans doute à revigorer le tracé désespérément plat de  l’encéphalogramme du quotidien fondé sous l’égide de Jean Sol Partre  comme le contrepétait malicieusement Boris Vian. 
Sans doute est ce le signe d’une activité cérébrale proche du néant et d’une sclérose fulgurante de la pensée unique.

Malgré un actionnariat des plus chics, avec le Baron Edouard de Rothschild en figure de proue, Libé manque d’oseille. La bouée de sauvetage des  8.9 maillons d’aide publique reçue en 2011 selon  le rapport du député PS Michel Françaix ne réussit pas à faire barboter ce canard boiteux.

Pensez à la tête que fera notre franchouillard  analphabète comme ses pieds, pourtant  exonéré d’impôts, électeur de Marine Le Pen, quand vous lui expliquerez que ce journal qui l’accable régulièrement de son racisme social est financé en partie par sa consommation irraisonnée de bibines taxées. S’il a un tant soi peu de jugeote, il y a de quoi le rendre sobre.   

Alors, Demorand comme d’autres de ses confrères cherche des idées pour renflouer le navire et il n’en manque pas, la dernière qu’il défend avec son collègue Joffrin, tous deux éminents sujets de l’empire du bien,  c’est la’’ taxe google ‘’ car s’il pratique la saine détestation du riche, il ne crache pas sur le pognon.

Peut être que  Libé, pour améliorer ses recettes,  peut s’inspirer de l’exemple de son alter-égo  le Monde qui n’hésitera pas à devenir en 2013 le quotidien le plus cher de France. Il est vrai que l’un de ses actionnaires les plus médiatisés, Pierre Bergé  est d’un ultralibéralisme de ‘gôche’ caviar de la baltique très novateur puisqu’il entrevoit avec le mariage pour tous et la gestation pour autrui qu’il appelle de ses vœux un créneau porteur.

N’a-t-il pas déclaré récemment qu’il ne voyait pas de différence entre louer son ventre ou louer ses bras. Une nouvelle classe ouvrière pourrait voir le jour qui elle, ne risque pas la délocalisation. Encore un petit effort, les corps c’est comme les voitures, ca pullule d’organes, s’arrêter aux utérus c’est mesquin.   

Et si la crise vécue par les médias traditionnels n’était pas uniquement la conséquence de la situation économique, mais aussi et surtout  la sanction des potentiels lecteurs à l’encontre des journaux et des journalistes ?

Mais ne rêvons pas, tout ce beau monde sanglé dans ses certitudes n’est pas prêt à se remettre en question, à s’interroger sur les plats qu’il nous propose, en quelque sorte à varier sa carte, modifier son menu, comme le ferait n’importe quel gargotier en mal de clients.

Demorand qui aime tant fustiger les cons, en est peut être un lui-même, qui sait ? Et c’est bien normal, un con, c’est comme un mort, le mort ne sait pas qu’il est mort et c’est tant mieux, ça l’attristerait. Le con, c’est pareil. On est d’ailleurs toujours le con de quelqu’un et c’est plutôt ce dernier qu’il faut plaindre. 

Arrêtons nous quelques instants sur cette connitude qui nous saisit tous autant que nous sommes, à divers moments de notre triste existence et qui n’est qu’une variante triviale de l’hébétude, que nous traduisons parfaitement par un  « je suis resté con ». C’est passager, la rémission est envisageable.

Vouloir être con, même pour une heure seulement, c’est légitime, Brel l’envisageait dans sa chanson ‘’Jacky’’ même s’il avait l’exigence insensée de vouloir être beau en même temps. Faut être raisonnable, nous sommes en période de crise.

Le vocable ‘’con’’ n’a pas d’importance, il est bénin, même si son symptôme, la connerie, est contagieux. Ce qui est signifiant, c’est le qualificatif qui le précède, sale, triste, sombre, pauvre, riche. Nous ne nous étendrons pas sur le sale con, sauf en cas d’attirance sexuelle irrépressible, car il tache tout ce qu’il touche et coûte très cher en frais d’entretien 

Le triste con, c’est une évidence, est à éviter en cette période de fêtes. La notion du sombre con est moins aisée à appréhender, on va donc prendre un exemple au hasard, celui de cet acteur donneur de leçons de renommée municipale, au patronyme constituant une rime riche avec le vocable étudié auteur  d’une charge déconnante  contre Depardieu. 

Nous ne savons d’ailleurs pas, à l’heure ou nous écrivons, si c’est l’artiste ou l’ancien conseiller socialiste abstentionniste à la Mairie de Paris qui s’est exprimé.

Dans l’expression pauvre con qui avait ému le cirque médiatique en 2008 et contrairement aux idées reçues, nous décelons  au contraire une marque de tendresse, d’empathie à l’égard de la personne visée. Face à cette connerie étriquée, sans envergure, cette tournure septentrionale correspond tout simplement au ‘’bougre de con’’ méridional.

Le riche con, c’est une autre affaire, une mine d’or à ciel ouvert, un gisement quasi inépuisable, il suffit de prêter l’oreille quand le Bergé, victime de la mode  fait des déclarations en 2009 sur le  Téléthon qu'il accuse de "parasiter la générosité des Français d'une manière populiste" « et qu’il est  absolument inadmissible » de montrer « des enfants myopathes, en exhibant [leur] malheur ».
 Il déplore en même temps  une concurrence déloyale pour le Sidathon avant de  s’improviser  3 ans plus tard en agent immobilier de ventres en gestation. Quand nous disons qu’il vous suffit de prêter l’oreille, nous sommes conscients de vous faire prendre un risque, il serait capable de la vendre à autrui.

En attendant la pluie de subventions qui étancherait la  soif de notre Libé national, et pour participer activement aux remue-méninges des têtes pensantes illustré par la caricature de Plantu accompagnant ce billet, nous suggérons cette prochaine ‘une’  Reviens vite riche con, on a besoin de pognon ! On ne sait jamais, un con, riche et maso de surcroit, pourrait se laisser tenter.

La Valse des viennoiseries



Et si, à force de nous rouler dans la farine, nos hommes politiques étaient devenus à l’image de Laurent Bagbo dont c’était le surnom, des boulangers experts en viennoiserie. 

Tout est politique criait-on en mai 68, la viennoiserie n’échappe pas à la règle. Le pain au chocolat est une douceur de droite décomplexée, mais aussi semble t-il un objet de convoitise, que les petits beurs, qui ne sauraient se contenter de croissants  à la margarine arrachent des mains des petits blancs, et ce même, si le chocolat contenu à l’intérieur y est noir. Pas étonnant, dans ces conditions là, que Jean François copéte un câble.

Par conséquent, et par opposition , le croissant est une pâtisserie de gauche. D’ailleurs le christique Arnaud Montebourg s’il n’en est pas encore à la multiplication des petits pains au chocolat, spécialité de Joe Dassin,ne s’y  est pas trompé quand il descendit de son bureau à Bercy les bras chargés de croissants pour distribuer et partager avec ses frères sidérurgistes en lutte les succulentes cornes de lune.

Si le croissant est de gauche, il n’a pas la faveur des écolos qui lui préfèrent une déclinaison plus bio, le décroissant , en forme de phallus en berne, confectionné à base de farine de mil garantie sans gluten cuit dans un four alimenté par de la bouse de vache sèche, la farine ayant été écrasée exclusivement à l’aide d’un kolon kala bamanan. (1)

Et la brioche me direz-vous ? C’est une bonne question et je vous remercie de me l’avoir posée même si elle m’embarrasse un peu l’estomac. Après mûre réflexion et moult régurgitations, je crois être en capacité de la déclarer apolitique.

Si elle a été longtemps le signe  d’un embourgeoisement manifeste, sa dissémination dans les milieux populaires me donnent à penser qu’elle fait consensus et ne clive plus comme l’on disait jadis du célèbre flan au caramel dont je tairai la marque.

La démonstration de l’orientation politique expliquée par la viennoiserie tourne court, d’une part en raison du faible éventail des produits concernés mais aussi à cause de cette brioche inclassable. Mais il en faut plus pour décourager l’apprenti chercheur en sciences humaines que je suis.

De la viennoiserie à la pâtisserie, il n’y a qu’un palais fin pour en faire le distinguo. Comme le formulent souvent les sociologues qui contrairement à une idée reçue ne sont pas tous sociopathes  « dis moi ce que tu manges, et je te dirai qui tu es ». 

  D’un tempérament jusqu’au-boutiste, j’ai voulu pousser le postulat plus loin et je prétends, car la prétention est une seconde nature chez moi, que l’alimentation est, à défaut d’être un marqueur politique, . « dis moi ce que tu manges, et je te dirai ce que qui tu penses » un indicateur social et culturel. 

Si Vienne est incontestablement la patrie de la valse, elle est aussi la ville où Freud a pu développer sa fameuse théorie de l’inconscient expliqué par les rêves. Comme vous le savez sans doute, il est mort depuis, en laissant tout un champ de recherches en jachère.

 Aussi me suis-je engouffré dans un domaine inexploré, l’inconscient labio-palatinal et j’envisage dans un avenir proche de sonder l’inconscient stomacal. Si ma théorie est encore embryonnaire puisque elle ne concerne que les chaussons aux pommes et les  palmiers et que le panel de cobayes dont j’ai pu disposer s’est limité à un couple de voisins, je peux d’ores et déjà vous faire part  de la conclusion de mes recherches.

La femme, qui engloutit la moitié de son RSA dans les palmiers est un être ouvert, citoyenne du monde, avide de voyages et de rencontres exotiques et secrètement amoureuse de Fréderic Lopez avec qui elle se verrait bien avoir un rendez-vous en terre inconnue tandis que le mari qui se goinfre de chaussons aux pommes est un pantouflard méfiant, renfermé et quelque peu raciste.

Il ne faut pas être grand clerc pour prévoir un prochain divorce et si je reconnais quelques biais dans mon étude qui s’expliquent par un manque de moyens financiers, la suite n’est que généralisations intuitives selon la technique dite du doigt mouillé.

Ainsi comment expliquer autrement la boulimie effrénée des oies, sinon par une appétence pathologique et un quotient intellectuel déficient  qui les conduit à se gaver éhontément sans se soucier de la mal nutrition dans le monde. Ce faisant, elles se conduisent comme des dindes  et mériteraient de subir le même sort à Noël. 

Si elles étaient des êtres humains, ce qu’à Dieu ne plaise, ces volaille cupides, un peu faisanes sur les bords comme les patrons caquetants du cac quarante, se verraient trancher le cou  par la valetaille affamée après avoir été pendues comme les aristocrates de la chanson à la lanterne.

Mais cette digression aviaire  m’a fait  perdre le fil de ma chronique, le pain au chocolat, le croissant, la brioche, et quoi d’autre à se mettre sous la dent pour étayer cette théorie de l’intuition pâtissière afin de cerner l’être humain  dans toute sa complexité.   

L’on peut évidemment, se livrer à des extrapolations approximatives et décréter que l’individu qui se goinfre de religieuses à la crème est un bouffeur de curés contrarié qui ne se résout pas à assumer sa mécréante homosexualité

Tel autre, dégustateur compulsif  de ‘’beignets de vent’’ autrement appelés ‘’soupirs de nonnes’’  n’est qu’un libidineux qui fantasme sur la chevelure qui se cache sous la cornette et peut être même plus, si affinités. Mais tout ceci,  je le concède aisément, est tirée par les cheveux.

Je suis bien obligé de convenir que cette chronique pâtissière confectionnée avec amour et du beurre breton au sel de guérande,si elle est roborative comme il convient en cette période de fêtes, ne fait guère avancer les sciences politiques mais tout comme vous, j’avais besoin de douceurs dans cette période au gôut amer.

 Et peut être que, lorsque vous dégusterez un Broyé Poitevin, une Gâche de Vendée, une Noix Charentaise, un Far Breton, un Flan pâtissier, un Gland au kirsch, et autres friandises, songerez vous spontanément à d’autres personnages de notre paysage politique que les deux fringants danseurs de la valse des viennoiseries. 

Si c’est le cas,vous pourrez en déduire que toute ressemblance avec des personnages existants n’est absolument pas fortuite.
(1)    Pilon de mortier bambara