lundi 19 août 2013

En 2025, on rasera gratis !



L’été finissant, le bronzage s’estompant, vous pourrez allégrement laisser votre système pileux envahir vos joues, garnir à nouveau votre torse avantageux, emmoustacher vos lèvres (conseil unisexe), jeter aux orties rasoirs, épilateurs et autres éradicateurs de poils  simiesques et de  toisons disgracieuses.

En effet en 2025, ce n’est pas si loin, on rasera gratis, le grand soir est pour dans dix ans, c'est-à-dire demain. Vous pourriez penser en lisant ces lignes que l’été m’aura été fatal, que le soleil ne va pas au teint d’un breton raisonnable et qu’il y a des établissements spécialisés pour traiter avec efficacité une telle insolation.

Au risque de vous contredire, je maintiens que la France de 2025 sur laquelle ont planché nos ministres studieux, pourrait nous offrir un avenir lumineux pour peu que nous tenons jusque là, camarades.

 Pendant qu’insouciants vous vous exposiez en plein cagnard  avec cette inconscience qui vous caractérise aux pernicieux ultraviolets pour narguer ensuite effrontément la délétère cirrhose du foie en absorbant pour vous rafraichir du pastis frelaté, d’autres se projetaient dans dix ans bien décidés à relever les défis que l’hexagone aura à surmonter.

Vous pourriez objecter, malgré votre mal de crane persistant, que cette démarche vous fait penser   à la prochaine rentrée scolaire de votre dernier rejeton en maternelle à qui on demanderait de résoudre une équation à multiples inconnues.

Et pourtant, les 37 élèves de cette classe un peu surchargée se sont livrés grâce au cahier de vacances qui leur avait été remis à cet exercice de procrastination remarquable qui consiste à imaginer les solutions qu’il faudra mettre en place en 2025 tandis qu’ils rament pour résoudre les problèmes actuels.

Discuter de la France de demain pour éviter d’évoquer celle d’aujourd’hui, si ce n’est pas de la communication, ça y ressemble et semble être le point d’orgue d’un estival et soporifique plan de com.

 On en sait encore peu des copies remises aux examinateurs même si quelques ‘’idées fortes’’ ont été reprises par la presse friande de ces amuse-gueules en attendant les plats de forte résistance prévus en septembre : ‘’la police 3.0 de Valls’’, ‘’les peines alternatives à l’incarcération’’ de Taubira et ’’ le retour au plein emploi’’ de Moscovici  qui devrait permettre à ce dernier de sauter une classe à la prochaine rentrée.

N’en déplaise à Bayrou, oiseau de mauvaise augure  à l’esprit chagrin,  qui a critiqué cette initiative, nous avons envie de rêver éveillés, quitte à sortir de notre léthargie en 2025 dans un pays à l’avenir aussi radieux que la cité de Le Corbusier.  


dimanche 18 août 2013

Faut-il haïr les riches ?



Puisque la mode est au devoir de vacances, que le gouvernement nous montre la voie, qu’on peut être en congé sans que notre esprit ne soit vacant nous nous sommes imposés un exercice estival de réflexion.
Il nous fallait trouver un thème fédérateur qui emporte l’unanimité et ne suscite pas l’inimitié que nous sentons poindre dans les commentaires acerbes que déclenchent souvent nos articulets. 

 Nous avons donc choisi de tenter de répondre à cette question lancinante qui nous obsède tous : Faut-il haïr les riches ? Au risque de tuer le suspens habilement suggéré par le titre, nous sommes tentés de répondre impulsivement par un oui franc et massif. Il est même conseillé de les exécrer, de les abominer, de les maudire, de les abhorrer, voire de les vomir.

Pour notre part, compte tenu des remontées acides que nous provoquent leurs frasques et leurs trains de vie somptuaires, nous optons pour la dernière proposition.

Notre répulsion est tellement prégnante que nous n’arrivons même pas à aimer les pauvres car nous les soupçonnons d’aspirer à devenir riches si nous en croyons  les chiffres d’affaires record cumulés de la Française des jeux et du PMU en 2012.

Ceci étant dit, il nous faut étayer les raisons de notre détestation sur des arguments solides basés sur une étude sociologique malheureusement biaisée. En effet, elle se fera essentiellement à travers la littérature, la presse et l’audiovisuel  et ne comportera aucune étude de terrain, comme c’est l’usage. 

Ce biais consistant à éluder la pratique au profit de la seule théorie nous est malheureusement imposé par notre proche environnement très pauvre en riches.

 Mais comme les enquêtes étudiant la prostitution ne peuvent prendre en compte cette minorité invisible que constituent  les demi-mondaines entretenues ou les occasionnelles préoccupées par les fins de mois, nous avons éliminé arbitrairement les ‘’presque-riches’’, les’’ qui font comme si ’’ uniquement pour nous énerver.

Nous étudierons les riches à  travers le prisme de leur positionnement politique puisque nous partons du postulat qu’ils peuvent se nicher sur l’ensemble de l’échiquier, même si leurs surfaces financières s’accommodent guère des extrêmes où l’espace est réduit.  

  Bien sur, il faut garder raison, il y a riches et riches, les bons et les mauvais, un peu comme pour le cholestérol, ceux qu’il faut conserver précieusement ou pour le moins ménager et ceux qu’il faut éliminer. Séparer le bon grain de l’ivraie n’est pas chose aisée.

Les riches de droite se  divisent au moins en deux chapelles : d’abord les vieilles lignées discrètes au luxe peu ostentatoire, qui vont à la messe en deux chevaux et qui font tout pour se faire oublier. Cette variété est tellement transparente qu’il est difficile de trouver de la littérature à leur sujet.

Heureusement, il y a la droite bling-bling , celle qui s’affiche décomplexée, la Rolex au poignet  avec une tendance à l’américanisation « Dis moi ce que tu pèses, je te dirai si tu es des nôtres ». Celle-ci, nous pouvons la haïr  sans nous forcer tant elle est peu aimable au sens littéral du terme.

Il est plus difficile et moins spontané de haïr les riches de gauche, ceux que l’on désigne sous le terme de gauche caviar,  car s’ils s’aiment beaucoup en tant qu’êtres humains, hommes des lumières, humanistes éclairés, ils détestent l’image de richesse qu’ils renvoient à l’insu de leur plein gré.

Comme ils éprouvent de la compassion pour tous les damnés de la terre, ils aiment s’imaginer en faire partie, les conditions matérielles en moins, l’empathie a ses limites. Ils adorent la mixité sociale mais préservent leur progéniture d’une trop grande promiscuité durant leur scolarité.

La vie d’un riche de gauche est une longue souffrance comparée à celle d’un riche de droite qui ressemble à long fleuve tranquille car le premier, très tourmenté, s’en veut d’être riche, se rêve pauvre tout en constatant la triste réalité au réveil  et peut, de ce fait  adopter des comportements qui peuvent vous déconcerter, voire vous heurter.

 Faites ce test : demandez l’heure à jacques Séguéla, il vous la donnera  aimablement avec ce charmant commentaire «  il est 14 heures à ma Rolex » et si vous lui êtes sympathique, il vous donnera avec ravissement la valeur de sa précieuse tocante et vous plaindra de ne pas en posséder une surtout si vous avez dépassé la cinquantaine, ce qui constitue pour lui, un signe manifeste d’échec patent dans votre vie professionnelle.

Tentez la même expérience avec Yannick Noah et il partira en courant pieds nus, retrouvant ainsi ses jambes de vingt ans, du temps où il faisait l’essuie-glace sur les courts de tennis. Vous serez tenté alors de le haïr  mais vous auriez tort, il ne veut simplement pas vous humilier en arborant la même Rolex que Séguéla et préfère passer pour un malpoli que pour un nanti.

Devons nous faire le tri entre les riches, opposer ceux qui ne s’étonnent pas de l’injustice, se
bornent à la constater et s’arrangent avec, et ceux qui s’illusionnent sur eux même en votant à gauche comme les catholiques tièdes vont à la messe en s’acquittant ponctuellement du denier du culte ?

Nous sommes évidemment enclins à répondre par la négative et couvrir d’opprobre cette engeance friquée sans distinction mais nous sentons depuis peu une nette inflexion dans la haine salutaire  qui animait notre président au début de son mandat. 

En effet, assiégé de toutes parts par les riches dans son propre gouvernement, il doit composer avec eux malgré son allergie. Des signes de contamination encore peu perceptibles comme cette récente déclaration dans laquelle il se félicite du rebond de la Bourse laissent craindre une détérioration de son système immunitaire anti bactériches.  

Chez le peuple même, qui vénérait jusqu’à peu l’Abbé Pierre, une dérive se fait jour depuis quelques années. Le trouble nous saisit quand nous parcourons le  dernier palmarès des français les plus populaires où nous ne trouvons aucun chômeur de longue durée sur le podium,  et nous sentons notre détermination haineuse chanceler.

Bien sur, les personnalités choisies ne sont pas que riches, elles sont souvent issues de la diversité, œuvrent dans le sport-biz ou le show-biz, ceci démontre une réelle ouverture d’esprit des classes populaires pourtant soupçonnées par Terra Nova de voter Bleu Marine.

Néanmoins, pour que cette chronique sur la haine ordinaire ne se termine pas en conte de fées, nous en concluons qu’il est parfaitement raisonnable de détester les friqués de manière collective mais que nous pouvons avoir en stock un petit quota de gens riches afin de les  protéger de la vindicte populaire. 

Comme l’antisémite à son bon juif, le raciste son épicier maghrébin préféré, l’esclavagiste son   domestique bien-aimé, le cabot hargneux son matou favori, nous nous réservons le droit de préserver notre part infime d’humanité en choisissant avec soin un bon riche pour peu qu’il soit un minimum aimable.  

samedi 17 août 2013

La carpe et le lapin vont-ils divorcer ?



A force de vouloir le mariage pour tous sauf pour lui, notre entremetteur dans son enthousiasme a parfois voulu forcer la nature. L’union improbable de la carpe Taubira et du lapin Valls bat de l’aile même si ces deux espèces en sont dépourvues.

L’homme de la synthèse, si friand de rapports en tous genres, aurait du solliciter l’avis du  Comité Consultatif National d'Ethique et consulter le généticien médiatique Axel Kahn pour savoir si la morale pouvait s’accommoder de ces curieuses épousailles et à quel hybride donnerait naissance cet hypothétique croisement.

Pourtant, au début de l’hymen tout semblait idyllique, ils se rendaient tous les deux main dans la main en province et faisaient assaut de câlineries en surjouant un peu la tendresse. Le lapin déclarait son immense affection pour la carpe et celle-ci renchérissait sur l’amitié et l’estime qui les liaient réciproquement.

Génétiquement, la carpe et le lapin sont assez dissemblables, l’un se tient droit dans ses bottes de défenseur de l’ordre républicain tout en se contentant de comptabiliser les morts violentes à Marseille ou ailleurs , 
l’autre fait entendre aussi énergiquement, curieux paradoxe, une chanson douce aux oreilles des délinquants.

Malgré leurs différences génétiques, il semble que la carpe doive bientôt accoucher de la réforme de la procédure pénale et c’est à ce moment précis que le papa présumé a l’air de se défausser et craindre que le bébé ne ressemble trop à sa maman.

Celle-ci  avait pourtant préparé avec soin la venue de ce qui devait être le fruit chéri de ses entrailles en s’entourant d’experts partageant tous son point de vue dans une séance d’aquagym prénatale baptisée pompeusement pour l’occasion ‘’conférence de consensus’’.

Le lapin Duracell écrivit alors une lettre au marieur pour lui signifier que le rejeton envisagé ne  lui plaisait guère et réclama son intervention sans quoi il pourrait refuser sèchement la reconnaissance de paternité. 

Il reviendra  donc à l’intercesseur habile mais  indécis  à jouer les médiateurs pour sauvegarder la pérennité de ce couple problématique. Peut être se souviendra t-il opportunément que dans son fameux discours du Bourget, il avait adressé aux délinquants ce terrible avertissement : « la République vous rattrapera» à condition que vous ne couriez pas trop vite avait-il ajouté tout bas.

Il est vrai que dans ce même discours, il avait déclaré la guerre à la finance et que cette philippique restera comme l’un des plus brillants traits d’esprit de ce pince-sans-rire tant elle a déclenché l’hilarité dans un monde portant peu enclin à la gaudriole.    

Cet été le petit joueur de fluteau a, comme le chantait Brassens, mené la musique au château. Par la grâce de ses musiquettes, il a séduit les gazettes qui ont couru à ses nombreux concerts.

S’il a l’oreille musicale, il devra faire cesser les dissonances entre la violoniste  et le tambour-major et choisir entre la fanfare et l’orchestre symphonique sinon il est à craindre que d’autres couacs ne se fassent entendre.





vendredi 5 juillet 2013

Laffer, y’en a pas deux



Si vous avez aimé  les courbes, celle du Tertre rouge sur le circuit du Mans, celle mirifique de l’inversion du chômage, ou encore plus vertigineuses celles de Nabilla et autres poupées Barbie de la triste Téléréalité, alors peut être accepterez vous d’en reprendre une dernière pour la route, celle de Laffer.

Bien sur à côté des formes de ces bimbos, la courbe de Laffer a un pouvoir érogène moins évident mais si la discrétion ne vous messied pas, je vais tenter de vous faire apprécier quelques uns de ses attraits.

Au départ ce Laffer n’a rien pour nous plaire, il est américain, économiste et ce qui n’arrange rien libéral, alors pour gommer ce physique ingrat à nos yeux d’hexagonaux il invente sa célèbre courbe en espérant titiller une libido qu’il sait exacerbée.

Mais qu’y a-t-il derrière cette courbe ? Ce n’est que l’illustration de cette phrase maintes fois entendue dans les bistrots « trop d’impôt tue l’impôt » et souvent mal interprétée par votre voisin de comptoir persuadé que vous envisagez de lui en offrir un de …pot.

Car à chaque fois que Hollande jure croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer, qu’il n’y aura plus d’augmentation d’impôts, en voilà une taquine, qui surgit sur le prix de  vente des cigarettes, l’autre sur le travail à domicile, ou encore plus subrepticement et sournoisement par le gel des barèmes.

Ce sont des entorses manifestes à la cohérence de son discours et l’on attendrait qu’il fasse preuve d’autorité, qu’il les vire avec perte et fracas, comme il le fit avec maestria avec la pauvre Delphine qui s’estimait menée en bateau.

  Mais revenons à notre Laffer qui a des principes dont l’un énonce qu’au-delà d’un certain taux, toute augmentation restreint l’assiette sur laquelle celui ci est assis, et si le diamètre de l’assiette diminue, on peut penser que ce que l’on met dedans se trouve réduit aussi à la portion congrue.

On n’épiloguera pas non plus sur la taxe à75%, botte secrète qui propulsa François au firmament des ennemis de la finance du temps où il était  encore socialiste car elle ne nous concerne pas. En effet, parmi nous, point de sportifs de haut niveau, point de chanteurs à la voix cristalline, point de traders sous xanax, point de requins de la finance. 

Non, uniquement du fumeur de base qui ira se fournir au marché parallèle ou franchira la frontière pour continuer à adorer ses dieux nicotine et goudron à moins qu’ils ne se décident à se convertir à l’abstinence tabagique.

Ou encore des retraités qui se désoleront de voir leurs pelouses croitre en même temps que leurs cranes se dégarnissent et qui seront contraints, en raison de lombaires arthrosés  de faire appel à de la vaillante main d’œuvre qu’ils règleront, selon la formule consacrée, de la main à la main.

Et nos tenants de la pression fiscale qui à force de nous pomper verront leurs cuves se tarir et la croissance s’évanouir contempleront peut être cette courbe tant honnie en disant, mezza  voce comme en écho à un fameux slogan publicitaire,  et pour qu’on ne les entende pas proférer une telle insanité d’appellation non contrôlée socialiste «  Laffer, y’en a pas deux ».