samedi 17 août 2013

La carpe et le lapin vont-ils divorcer ?



A force de vouloir le mariage pour tous sauf pour lui, notre entremetteur dans son enthousiasme a parfois voulu forcer la nature. L’union improbable de la carpe Taubira et du lapin Valls bat de l’aile même si ces deux espèces en sont dépourvues.

L’homme de la synthèse, si friand de rapports en tous genres, aurait du solliciter l’avis du  Comité Consultatif National d'Ethique et consulter le généticien médiatique Axel Kahn pour savoir si la morale pouvait s’accommoder de ces curieuses épousailles et à quel hybride donnerait naissance cet hypothétique croisement.

Pourtant, au début de l’hymen tout semblait idyllique, ils se rendaient tous les deux main dans la main en province et faisaient assaut de câlineries en surjouant un peu la tendresse. Le lapin déclarait son immense affection pour la carpe et celle-ci renchérissait sur l’amitié et l’estime qui les liaient réciproquement.

Génétiquement, la carpe et le lapin sont assez dissemblables, l’un se tient droit dans ses bottes de défenseur de l’ordre républicain tout en se contentant de comptabiliser les morts violentes à Marseille ou ailleurs , 
l’autre fait entendre aussi énergiquement, curieux paradoxe, une chanson douce aux oreilles des délinquants.

Malgré leurs différences génétiques, il semble que la carpe doive bientôt accoucher de la réforme de la procédure pénale et c’est à ce moment précis que le papa présumé a l’air de se défausser et craindre que le bébé ne ressemble trop à sa maman.

Celle-ci  avait pourtant préparé avec soin la venue de ce qui devait être le fruit chéri de ses entrailles en s’entourant d’experts partageant tous son point de vue dans une séance d’aquagym prénatale baptisée pompeusement pour l’occasion ‘’conférence de consensus’’.

Le lapin Duracell écrivit alors une lettre au marieur pour lui signifier que le rejeton envisagé ne  lui plaisait guère et réclama son intervention sans quoi il pourrait refuser sèchement la reconnaissance de paternité. 

Il reviendra  donc à l’intercesseur habile mais  indécis  à jouer les médiateurs pour sauvegarder la pérennité de ce couple problématique. Peut être se souviendra t-il opportunément que dans son fameux discours du Bourget, il avait adressé aux délinquants ce terrible avertissement : « la République vous rattrapera» à condition que vous ne couriez pas trop vite avait-il ajouté tout bas.

Il est vrai que dans ce même discours, il avait déclaré la guerre à la finance et que cette philippique restera comme l’un des plus brillants traits d’esprit de ce pince-sans-rire tant elle a déclenché l’hilarité dans un monde portant peu enclin à la gaudriole.    

Cet été le petit joueur de fluteau a, comme le chantait Brassens, mené la musique au château. Par la grâce de ses musiquettes, il a séduit les gazettes qui ont couru à ses nombreux concerts.

S’il a l’oreille musicale, il devra faire cesser les dissonances entre la violoniste  et le tambour-major et choisir entre la fanfare et l’orchestre symphonique sinon il est à craindre que d’autres couacs ne se fassent entendre.





vendredi 5 juillet 2013

Laffer, y’en a pas deux



Si vous avez aimé  les courbes, celle du Tertre rouge sur le circuit du Mans, celle mirifique de l’inversion du chômage, ou encore plus vertigineuses celles de Nabilla et autres poupées Barbie de la triste Téléréalité, alors peut être accepterez vous d’en reprendre une dernière pour la route, celle de Laffer.

Bien sur à côté des formes de ces bimbos, la courbe de Laffer a un pouvoir érogène moins évident mais si la discrétion ne vous messied pas, je vais tenter de vous faire apprécier quelques uns de ses attraits.

Au départ ce Laffer n’a rien pour nous plaire, il est américain, économiste et ce qui n’arrange rien libéral, alors pour gommer ce physique ingrat à nos yeux d’hexagonaux il invente sa célèbre courbe en espérant titiller une libido qu’il sait exacerbée.

Mais qu’y a-t-il derrière cette courbe ? Ce n’est que l’illustration de cette phrase maintes fois entendue dans les bistrots « trop d’impôt tue l’impôt » et souvent mal interprétée par votre voisin de comptoir persuadé que vous envisagez de lui en offrir un de …pot.

Car à chaque fois que Hollande jure croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer, qu’il n’y aura plus d’augmentation d’impôts, en voilà une taquine, qui surgit sur le prix de  vente des cigarettes, l’autre sur le travail à domicile, ou encore plus subrepticement et sournoisement par le gel des barèmes.

Ce sont des entorses manifestes à la cohérence de son discours et l’on attendrait qu’il fasse preuve d’autorité, qu’il les vire avec perte et fracas, comme il le fit avec maestria avec la pauvre Delphine qui s’estimait menée en bateau.

  Mais revenons à notre Laffer qui a des principes dont l’un énonce qu’au-delà d’un certain taux, toute augmentation restreint l’assiette sur laquelle celui ci est assis, et si le diamètre de l’assiette diminue, on peut penser que ce que l’on met dedans se trouve réduit aussi à la portion congrue.

On n’épiloguera pas non plus sur la taxe à75%, botte secrète qui propulsa François au firmament des ennemis de la finance du temps où il était  encore socialiste car elle ne nous concerne pas. En effet, parmi nous, point de sportifs de haut niveau, point de chanteurs à la voix cristalline, point de traders sous xanax, point de requins de la finance. 

Non, uniquement du fumeur de base qui ira se fournir au marché parallèle ou franchira la frontière pour continuer à adorer ses dieux nicotine et goudron à moins qu’ils ne se décident à se convertir à l’abstinence tabagique.

Ou encore des retraités qui se désoleront de voir leurs pelouses croitre en même temps que leurs cranes se dégarnissent et qui seront contraints, en raison de lombaires arthrosés  de faire appel à de la vaillante main d’œuvre qu’ils règleront, selon la formule consacrée, de la main à la main.

Et nos tenants de la pression fiscale qui à force de nous pomper verront leurs cuves se tarir et la croissance s’évanouir contempleront peut être cette courbe tant honnie en disant, mezza  voce comme en écho à un fameux slogan publicitaire,  et pour qu’on ne les entende pas proférer une telle insanité d’appellation non contrôlée socialiste «  Laffer, y’en a pas deux ».

mercredi 3 juillet 2013

Aimons nous les uns les autres !



Le bateau que nous nous obstinons à appeler France malgré l’injonction du philosophe Michel Sardou et  les drapeaux exotiques qui encombraient son bastingage lors d’une escale à La Bastille en mai 2012 poursuit sa croisière tranquille.

Après avoir été balloté, malmené, outragé par les orages, les tempêtes et  la navigation erratique d’un commandant agité de tics nerveux, il poursuit désormais, enfin libéré, son paisible cabotage sur une mer d’huile grâce à  la férule bienveillante mais ferme de son nouveau pacha issu de la fameuse formation des matelots-pédalos.

Et pour poursuivre encore un peu cette métaphore marine sachez que vous pourrez partir en vacances tranquilles tandis que le commandant garde le cap et que son bosco  à la triste figure scrute l’horizon de sa longue vue, gardant néanmoins un œil vigilant sur les matelots qui s’affairent sur le pont, car contrairement à  vous, ils bossent, eux.

 Mais regagnons la terre ferme,  le mal de mer nous guette et il est temps pour nous d’aller nous prélasser, les doigts de pieds en éventail,  devant la grande bleue en sirotant notre petit jaune et en admirant la dextérité du marin au long cours longeant la côte.

Evitons néanmoins de le saluer trop ostensiblement, il serait tenté, tellement sevré de marques de sympathie, de s’approcher et de s’empaler sur les rochers comme un vulgaire Costa Francia.

 Il nous l’avait promis, il voulait apaiser ,recréer du lien, réenchanter le rêve français et sur ce point il a tenu son engagement, réussi son pari. 

A quoi reconnait-on un pays rassérène, apaisé, détendu, rassemblé, voire anesthésié ? D’abord au calme d’un chef qui a franchi avec succès cap de Grande Désespérance et retrouve peu à peu ses rondeurs. La bedaine rassure, au moins est-on certain que son propriétaire ne fera pas un malaise vagal après un jogging insensé en plein cagnard.

Ensuite, il y a des signes encore plus probants, quand des antifas et des skinheads se chaussent et se nippent à l’identique dans les mêmes boutiques, quand des chrétiens, des juifs et des musulmans défilent bras dessus, bras dessous à Paris dans une ‘’Manif pour tous’’ un peu réticente au droit au divorce universel, on sent bien une nette décrispation  de la société. 

Que nous manque t-il pour un bonheur parfait ? L’annonce d’une union féconde entre Pierre Bergé et de Frigide Barjot ? Des régimes spéciaux un peu moins spécieux ? Réconcilier Henri Guaino et le juge Gentil, Coppé avec Fillon, les fraudeurs et le fisc,les salariès du privé et du public, les actifs et les retraités, les cons avec les juges, Mélenchon et les médias, les Femen et les soutifs ? 

Tout ça viendra à son heure, il faut donner du temps au temps comme disait son mentor et des gages à son électorat , en attendant , embrassons nous folle ville, aimons nous les uns les autres et même les uns sur les autres si affinités, paris-plageons sous le crachin et festoyons avec nos voisins.