La France ! République outragée ! République brisée !
République martyrisée ! Mais République libérée ! Voilà ce qu’auraient pu titrer les
médias au soir du 6 mai 2012 en paraphrasant le discours de De Gaulle sur la
Place de l’Hôtel de Ville le 25 août 1944.
La France malmenée sous le
précédent quinquennat est une vielle dame qui n’aime pas être bousculée,
violentée, elle souhaitait retrouver l’apaisement et pour ce faire, elle a
choisi de confier son destin à un cabinet de spécialistes de thérapies douces,
le PS (Parti des Sophrologues).
Tous ces éminents psychothérapeutes
pratiquent aussi l’hypnose qui a pour principal intérêt de faire baisser le
niveau de vigilance du patient. Et cela marche, les reconduites à
la frontière des clandestins ? Une mesure humanitaire pour permettre à des
malheureux démunis de papiers et de sens de l’orientation de retrouver le
chemin du retour au bercail. La destruction des camps de roms ? Une
initiative de santé publique transitoire en attendant la construction de
logements décents et leur intégration dans la fonction publique.
Vous aurez noté que toutes ces mesures sont
appliquées avec humanisme sans chiffrage et sans stigmatisation et cela change
tout. Interrogez les bénéficiaires, ils se confondent en remerciements.
En
économie, sujet anxiogène, s’il en est, on bannit certains mots ou expressions,
plan d’austérité, récession,CSG,TVA sociale et surtout rigueur que l’on réserve à la
sphère sexuelle.
Certains
autres ont, au contraire, un effet euphorisant, le mot croissance, par exemple,
sous forme d’incantation fait énormément de bien notamment à celui qui le dit,
à condition de le répéter à satiété, c’est de l’autohypnose, de la pensée
positive, en quelque sorte la méthode Coué Essayez là chez vous et vous verrez.
L’hypnose politique, elle, est une vieille pratique qui s’appuie sur la
linguistique et quelques figures de rhétorique dont la fameuse anaphore batave
qui doit son nom au créateur de cette technique dont le patronyme évoque le
pays des tulipes.
Tout
le monde a en mémoire les effets neuroleptiques puissants induits par
l’anaphore « moi Président
je… » qui plongea son interlocuteur et de nombreux téléspectateurs dans
une profonde léthargie dont certains ne sont pas encore sortis.
D’autres
fois, il nous susurre d’une voix suave que nous ne devons pas avoir peur, qu’il
va réenchanter le rêve français et nous nous laissons aller
délicieusement dans les bras de Morphée, qui vit comme chacun sait, au pays des
bisounours.
Est-ce cet état de béatitude et
d’extase qui nous inhibe au point de ne pas réagir au magistral auto-escamotage
de 3 semaines durant lesquelles il a disparu des écrans radar ? En
s’interrogeant par exemple sur la générosité de la convention collective du
travail de son employeur qui lui autorise un rapide droit aux congés à peine
recruté ?
Est-ce la torpeur estivale qui
nous empêche de pester contre le mécanisme manifestement grippé de blocage des prix du carburant quand ceux
ci atteignent des sommets vertigineux ?
Heureusement, il y a des hypno
résistants comme l’expert maritime qui avait décelé chez notre magicien des dispositions naturelles pour le capitanat
de pédalos, qui vitupère et s’insurge contre l’immobilisme de notre navigateur.
Mais c’est injuste, comment voulez vous qu’il avance sur ce frêle esquif dans
une mer déchainée ?
La vague d’apaisement qui
submerge le pays n’aurait pas atteint certains quartiers de notre
république ? Soyons patients, et comptons sur les grandes marées
d’équinoxe.
En attendant, bonne nuit à tous
et à toutes, et faites de beaux rêves. Le marchand de sable est
passé,pom,pom,pom,pom….

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire