vendredi 24 août 2012

Le marchand de sable est passé.


La France ! République outragée ! République brisée ! République martyrisée ! Mais République libérée ! Voilà ce qu’auraient pu titrer les médias au soir du 6 mai 2012 en paraphrasant le discours de De Gaulle sur la Place de l’Hôtel de Ville le 25 août 1944.

La France malmenée sous le précédent quinquennat est une vielle dame qui n’aime pas être bousculée, violentée, elle souhaitait retrouver l’apaisement et pour ce faire, elle a choisi de confier son destin à un cabinet de spécialistes de thérapies douces, le PS (Parti des Sophrologues). 

Tous ces éminents psychothérapeutes pratiquent aussi l’hypnose qui a pour principal intérêt de faire baisser le niveau de vigilance du patient. Et cela marche, les reconduites à la frontière des clandestins ? Une mesure humanitaire pour permettre à des malheureux démunis de papiers et de sens de l’orientation de retrouver le chemin du retour au bercail. La destruction des camps de roms ? Une initiative de santé publique transitoire en attendant la construction de logements décents et leur intégration dans la fonction publique.  

 Vous aurez noté que toutes ces mesures sont appliquées avec humanisme sans chiffrage et sans stigmatisation et cela change tout. Interrogez les bénéficiaires, ils se confondent en remerciements.
En économie, sujet anxiogène, s’il en est, on bannit certains mots ou expressions, plan d’austérité, récession,CSG,TVA sociale  et surtout rigueur que l’on réserve à la sphère sexuelle.

Certains autres ont, au contraire, un effet euphorisant, le mot croissance, par exemple, sous forme d’incantation fait énormément de bien notamment à celui qui le dit, à condition de le répéter à satiété, c’est de l’autohypnose, de la pensée positive, en quelque sorte la méthode Coué Essayez là chez vous et vous verrez.

 L’hypnose politique, elle,  est une vieille pratique qui s’appuie sur la linguistique et quelques figures de rhétorique dont la fameuse anaphore batave qui doit son nom au créateur de cette technique dont le patronyme évoque le pays des tulipes.

Tout le monde a en mémoire les effets neuroleptiques puissants induits par l’anaphore  « moi Président je… » qui plongea son interlocuteur et de nombreux téléspectateurs dans une profonde léthargie dont certains ne sont pas encore sortis. 

D’autres fois, il nous susurre d’une voix suave que nous ne devons pas avoir peur, qu’il va réenchanter le rêve français et nous nous laissons aller délicieusement dans les bras de Morphée, qui vit comme chacun sait, au pays des bisounours.

Est-ce cet état de béatitude et d’extase qui nous inhibe au point de ne pas réagir au magistral auto-escamotage de 3 semaines durant lesquelles il a disparu des écrans radar ? En s’interrogeant par exemple sur la générosité de la convention collective du travail de son employeur qui lui autorise un rapide droit aux congés à peine recruté ? 

Est-ce la torpeur estivale qui nous empêche de pester contre le mécanisme manifestement grippé  de blocage des prix du carburant quand ceux ci atteignent des sommets vertigineux ?
Heureusement, il y a des hypno résistants comme l’expert maritime qui avait décelé chez notre magicien  des dispositions naturelles pour le capitanat de pédalos, qui vitupère et s’insurge contre l’immobilisme de notre navigateur. Mais c’est injuste, comment voulez vous qu’il avance sur ce frêle esquif dans une mer déchainée ?

La vague d’apaisement qui submerge le pays n’aurait pas atteint certains quartiers de notre république ? Soyons patients, et comptons sur les grandes marées d’équinoxe.
En attendant, bonne nuit à tous et à toutes, et faites de beaux rêves. Le marchand de sable est passé,pom,pom,pom,pom….

             

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