lundi 29 octobre 2012

Sous les ‘’sunlights’’ des tropiques







Au début, l’affaire semblait entendue, il n’y avait pas de crise, enfin si quand même, mais la crise avait un nom, un visage ingrat, plutôt hongrois en fait, des talonnettes et les trapèzes atteints du syndrome de Gilles de la Tourette.

 Comme il était de droite, donc vénal, il suffisait de l’envoyer donner des conférences aux quatre coins du monde pour le prix de trois ou quatre Rolex et le tour était joué.


François qui avait enfin conquis le Graal et notre sympathie, s’imagina en Merlin, pas le roi, d’abord parce que c’est un républicain, et ensuite car il avait  peu de temps pour le bricolage. Non, son Merlin à lui, sa référence serait plutôt l’enchanteur de Brocéliande.


Pour ceux qui n’habitent pas comme nous a quelques lieues de la foret ou vécut ce personnage légendaire, laissez nous vous tracer brièvement son portrait, Merlin l’Enchanteur était un homme enjoué, bon, un magicien pur et proche de la nature avec un don de prophétie extraordinaire qui  était tombé éperdument amoureux de la fée Viviane.


 Il  était également très proche du Dieu Pan de la mythologie grecque, et aimait à jouer de la flute que  notre héros pratique aussi avec beaucoup de brio. Ce qui a fait dire aux fées qui se sont succédé auprès de notre génial instrumentiste «Oh ! dis, chéri, Oh ! Joue-moi-z-en d’la ……  »


 L’analogie est troublante à quelques nuances prés. Autres temps, autres mœurs, notre Merlin tomba amoureux de deux Viviane, que nous nommerons dans notre récit, par convention Viviane 1 et Viviane 2. 


Sa baguette magique, n’y voyez aucune allusion scabreuse, fut parfois hésitante, hasardeuse,même s’ il  avait réussi un coup de maître insuffisamment salué, en refiscalisant plus de neuf millions de riches suffisamment cupides pour croire qu’il suffisait de travailler plus pour gagner plus.    


La vie, hélas n’est pas un long fleuve tranquille, et Merlin dut essuyer de nombreuses avanies, dont la plus cuisante lui vint de Viviane 2 qui gazouillait fréquemment pour agacer Viviane 1. Les relations étaient tendues entre les deux fées et Merlin qui n’aimait pas le conflit était embarrassé.


D’autant, qu’affecté par une tendance à la bipolarité, Merlin venait de découvrir, malgré l’exil du nain qui lui rendait bien deux centimètres, que la crise était d’une exceptionnelle gravité. Des prophètes de malheur, Ipsos et Sofres, l’inondaient de mauvaises nouvelles et cela le rendait chagrin.


Il dut aussi, en gaucher contrarié, lui qui avait promis de ne jamais recevoir de dictateurs comme son prédécesseur de droite, accueillir Ali Bongo, Denis Sassou N’Guesso et le Roi du Bahreïn, tous parangons de la démocratie.


Reniements ! Reniements ! crièrent méchamment quelques fouineurs qui avaient remarqué la présence de ces illustres visiteurs malgré les talents de prestidigitateur du réenchanteur Merlin qui les avaient escamoté rapidement.


Que nenni !  Il ne les avait pas invité, ils avaient vu de la lumière, étaient entrés et élémentaire courtoisie, il les avait reçu en leur demandant de sortir par une porte dérobée pour ne pas réveiller les huissiers  en raison de l’heure tardive. 


Quelques druides de son entourage bien inspirés lui conseillèrent alors de prendre des vacances en Afrique ou le climat est plus agréable et les gens accueillants. Va donc t’éclater au Sénégal reprirent-ils tous en chœur en  chantonnant la célèbre chanson à texte du Martin Circus.


Il connaissait un petit peu les paroles, d’une suprême élégance, ou il est question de se faire des tas de copines …de ch’val et d’aller prendre un bain de minuit à poil sous la lune et cela le rendit de bonne humeur.


Il partit guilleret au pays de la Teranga mais il s’aperçut  un peu tard que Viviane 2 était aussi dans l’avion.  Cela le contraria, mais Il fit néanmoins un beau discours dont il avait prévenu qu’il n’avait pas pour but d’effacer le précédent, même si il lui ressemblait beaucoup, avec une pincée de contrition et  un doigt de repentance.


 Évidemment, il ne put s’empêcher, car c’est son péché mignon, de se poser en donneur de leçons, tout en y mêlant la compassion et un paternalisme bien-pensant. 


 Il ne reprit pas la phrase qui avait tant irrité  "l’homme africain n’était pas assez entré dans l’histoire" et il eut raison, puisque sa  visite incontournable à Gorée prouva que le Sénégalais était bel et bien entré dans la porte de l’histoire,  mais d’une manière si violente  qu’il l’avait quelque peu déformé en la bousculant.


Ce réinventeur de génie, c’est Joseph N’Diaye, compagnon de Bigeard en Indochine, célèbre dans le monde entier, et conservateur de la maison des Esclaves à Gorée qui a raconté avec un bagout incroyable l’histoire de cette maison et de son ile natale ou auraient transité des millions d’esclaves en partance pour les Amériques.


Pour le quidam moyen doté d’un cerveau normal, la pilule a du mal à passer, l’exigüité même des lieux n’est pas compatible avec la fable de Joseph et de ses successeurs. 


Mais Merlin ne voulait pas gâcher ses vacances, cela valait bien quelques petits arrangements avec l’histoire, il crut ou fit mine de croire à la déportation de millions d’africains passés par ‘la porte du voyage sans retour ‘ donnant sur une cote rocheuse ou les bateaux ne peuvent accoster et il reprit avec un  naturel désarmant, l’air contrit et la mine repentante.


Il aimait les légendes et ne voulait rien faire qui puisse vexer ses hôtes et nuire au fonds de commerce du Sénégal. Peut être que de retour au bercail, Viviane 1 née à Ouakam, lui prêtera L’Histoire de Gorée écrite par deux chercheurs de l’IFAN (Institut fondamental de l’Afrique noire) Abdoulaye Camara, ancien conservateur du Musée de Gorée, et le père Joseph Roger de Benoist, éminent spécialiste de l’Afrique Occidentale et du Sénégal.


Les deux illustres hôtes inscrivirent des paroles mémorables sur le livre d’or de la maison des esclaves et Viviane 2 assura qu’après cette visite elle ne serait plus la même. L’histoire, la petite, dira si nous devons, avec Viviane 1 en pleurer ou nous en réjouir.


Ensuite, il se rendit, réticent, en raison d’une situation démocratique inacceptable selon ses propres termes aux ‘Francofolies’ de Kinshasa.


 Il avait chargé une apprentie fée, Yamina, de rendre Joseph Kabila présentable aux yeux de son auguste personne. Faut dire que le maquillage, c’est plutôt sa spécialité à Yamina, certains  osent même le terme de ravalement allant jusqu’à évoquer Mickael Jackson.  


De retour d’un voyage préparatoire, notre esthéticienne lui avait assuré que Joseph allait créer une ‘’commission indépendante des droits de l’homme’’. Cette annonce avait rempli d’aise François qui s’était entiché  des commissions au point d’en avoir diligenté une bonne quinzaine.


Réminiscence attendrissante de son enfance ou lorsqu’il jouait dans la cour, sa mère ouvrait la fenêtre et l’appelait « Monte François et va chercher les commissions » Il en profitait sans doute pour grappiller quelques centimes et s’acheter des ‘’Mistral Gagnant’’.


Evidemment, il fit les gros yeux et gronda Joseph, parla de réalités inacceptables, de processus incomplet, de déficit de démocratie, sans que l’on sache s’il évoquait la situation locale ou la récente nomination d’Harlem Désir à la Présidence du PS.


Dans sa réponse, Abdou Diouf condamna cette  politique de ‘’deux poids, deux mesures, deux discours ‘dénonçant la mansuétude à l’égard  d’autres états au nom d’intérêts commerciaux ou stratégiques. On aurait mauvaise grâce à lui donner tort.  


Néanmoins, son voyage l’avait requinqué, il nous prédisait une sortie de crise de l’Euro toute proche    « Sur la sortie de la crise de la zone euro, nous en sommes près, tout près.». 


Mosco, astronome à éclipses, qui l’accompagnait sous les tropiques, spécialiste de la planète ‘’Finances’’ qu’il examine à l’œil nu, d’où la célèbre expression, l’œil de Mosco, en rajoutait même dans l’euphorie délirante et l’affection débordante pour les entreprises « Après le service public, je viens dire des mots d’amour aux entreprises » a-t-il récemment déclaré à Marmande.


Il  proclame désormais à qui veut l’entendre, que le pire est passé, et  le meilleur est à venir, veut lutter contre la sinistrose, en un mot, pour résumer, Mosco, il a veni, il a vidi, il a vici….la crise.  Bercy qui ? Bercy Mosco !


Les experts se perdent en conjectures sur cet optimisme débridé après ce séjour sous les tropiques.
Perte de conscience après des heures d’exposition au soleil sans le casque colonial salvateur ?
Attaques sournoises d’anophèles déchainées ayant entrainé un paludisme cérébral à formes psychotiques confusionnelles ? 


D’autres, s’appuient sur les travaux du professeur Gilbert Montagné, qui dans ses recherches sur les actions  des rayons infrarouges et ultraviolets a décrit très précisément les effets bénéfiques des sunlights des tropiques sur le moral.


L’amour, nous décrit-il, se raconte en musique, l’on a dans le cœur un bongo, et l’on dessine  sur sa peau un palmier au bord de l’eau, et finalement qu’est ce qu’on est bien, tout est beau, fa, mi, fa, sol, do.


La démonstration serait assez convaincante, si la clairvoyance était sa qualité première, ce qui reste à prouver. D’autant que dans une thèse précédente ‘’On va s’aimer’,’ il préconisait des situations aussi abracadabrantesques que périlleuses comme s’aimer sur une étoile, au fond d’un train, ou dans un vieux grenier, aux marches des églises, et se réchauffer au cœur des banquises.

 Non, craignant à juste titre une altération du discernement de cet éminent héliothérapeute, nous pencherons plus prosaïquement, pour ce sentiment rassurant que nous éprouvons tous à côtoyer des gens plus pauvres et plus malheureux que nous.

  Le malheur des uns ne fait peut être pas le bonheur des autres mais il peut  y contribuer.




mardi 23 octobre 2012

Les choristes désaccordés



Le film de Barattier en 2005 ‘’les choristes’’ film alors jugé néo pétainiste et passéiste par les arbitres de l’élégance idéologique, a au moins eu le mérite de remettre  à la mode le chant choral. Des producteurs avisés ont eu l’idée de proposer en mai 2012 un télé crochet de dimension hexagonale à l’image de celui qui avait tant passionné la France en 2007.

L’heureux gagnant se voyait offrir une tournée de cinq ans et la possibilité de se produire sur toutes les scènes nationales et internationales. A charge pour lui de trouver son 1er soliste et de puiser dans le vivier d’amateurs exaltés lors de ses prestations au cours des éliminatoires. 

Une fois constituée, la chorale pourrait côtoyer les polyphonies corses et comprendre ainsi que la main sur l’oreille n’est pas une coquetterie insulaire mais une élémentaire précaution en cas d’éventuelles déflagrations.

 Elle découvrirait le mystère des voix bulgares pas si insondable que cela, car il repose  essentiellement sur une consommative intensive de yaourts et les célèbres chœurs zoulous essentiellement masculins ainsi que les chorales féminines xhosas pour qui les mots parité et mixité riment avec incongruité. 

Quant à la confrontation avec les chœurs de l’armée rouge, elle ne devrait pas manquer de piquant, même si le rose arboré par la troupe nationale  peut paraitre bien pâle et efféminé pour ces rudes guerriers cosaques.  

La finale de ‘’Qui veut gagner les élections de chef de choeur’’ pour désigner le Mister France enchanteur  fut d’un niveau tres élevé , il ne suffisait pas comme pour les ‘’Miss’’ d’une plastique irréprochable, d’un visage avenant  et d’avoir tout bien répondu aux questions d’un JP Foucaud impitoyable inquisiteur.

Non, il s’agissait là, d’une épreuve d’une toute autre nature, un combiné de ‘’Questions pour un champion’’ du ‘’Questionnaire de Proust’’ de l’examen d’entrée à l’ENA  et  du concours d’éloquence des avocats du barreau de Béthune. 

Quand au mois de mai dernier, il nous fut demandé, de choisir entre les deux derniers candidats, comme dans une vulgaire émission de télé réalité,  celui qui nous semblait avoir la fibre artistique la plus développée, une majorité s’était dégagée pour un slameur anaphorien de haute tenue.

 Certains de ses fans énamourés, parmi les exégètes les plus érudits, y virent mieux qu’une simple anaphore de tchatcheur de bistrot, mais plutôt une figure de rhétorique plus subtile, la prolepse qui permet de se projeter vers un avenir qu’on voudrait radieux et qui réfute par avance les objections éventuelles qui pourraient vous être opposées.

 Une promesse de réenchanter le rêve français .Bravo l’artiste !  Réenchantons, tous ensemble, tous ensemble ! 

C’était évidemment une gageure que que de vouloir réenchanter un peuple dont on n’est même pas sur qu’il ait été dans une vie antérieure enchanté. L’autre défi, c’était la composition de cette manécanterie , qu’on a du mal à appeler maitrise pour des raisons évidentes. 

L’on se contentera par respect et empathie pour son public de la nommer tout simplement chorale.
La Chorale mixte, est composée en général de cinq pupitres, deux pour les femmes : les altos et les sopranos, trois pour les hommes : les altos, les basses et les ténors.

On passera sous silence et ils l’ont bien mérité, les altos chez les hommes, censés chanter avec une voix de tête, ce qui pour la plupart d’entre eux est impossible en raison de malformations génétiques ; quant aux basses, un seul leitmotiv s’impose : doucement. 

L’un de ces derniers à la tessiture ambigüe, à mi-chemin entre le ténor et la basse, le petit Benoit, économe social et solidaire de Saint Renan, plutôt baryton ‘’basse-taille’’, comme l’on désignait ce type de voix autrefois, est devenu subitement aphone mais aussi invisible.

 Au point que certaines  personnes malintentionnées dont nous ne sommes pas auraient envisagé le déclenchement du dispositif ‘’ alerte enlèvement’’.

 Il faut dire qu’on l’a placé malencontreusement derrière le ténor chauve moscovenividivici, l’auguste tête ceinte d’une couronne de lauriers glanés dans les conservatoires les plus prestigieux et  dont les cordes vocales ne vibrent plus aussi harmonieusement depuis qu’il les a malmené en huant bruyamment les prestations de la chorale précédente.

 Laurent, l’autre divin déplumé de la troupe semble privilégier une carrière en solo sur les tréteaux internationaux et  évite de s’acoquiner avec le reste de la troupe et  son chef dont il n’imaginait pas même en rêve, selon ses propres termes, qu’il puisse accéder à un tel poste.   

Chez les femmes, nous nous intéresserons aux sopranos dont la voix est plus audible que celle des altos, bien que nous nous sommes laissés dire que certaines d’entre elles pouvaient à l’occasion chanter comme des contraltos, c'est-à-dire, aussi avec une voix de poitrine, ce qui pourrait réenchanter les  rêves libidineux hexagonaux.

Le Chef de chœur a choisi son premier soliste, non  pour son talent vocal, car il chante d’une voix monocorde et a le charisme d’un berlingot nantais, mais pour sa capacité naturelle à comprendre et a interpréter, à la note près, son vocabulaire corporel. Il est aussi doté d’un physique avantageux de pilote de ligne selon Plantu.

Si l’on excepte les trente choristes engagés pour faire nombre, au registre incertain, privés de micro et qui se contentent de remuer les lèvres comme dans un concert de Britney Spears, mais qui ont su rendre leur inutilité indispensable, les autres ténors et sopranos de la chorale semblent avoir du mal à comprendre la gestuelle syncopée du chef de chœur.

Quand le petit ténor catalan se lance dans une envolée lyrique contre les dealers et délinquants de tous poils, la soprano que nous hésitons à qualifier de ‘’coloratur’’ pour ne pas être taxé de racisme nous susurre une chanson douce que lui chantait sa maman. En suçant notre pouce, nous l’écoutons en nous endormant.

La soprano ‘’écolo’’ engagée uniquement pour que la chorale ait le label ’’bio’’ et qui se fiche pas mal de la partition reprend son antienne habituelle et nous offre un remix de ‘’Mangez moi’’ de Billy Ze kick et de ‘’Cultivateur moderne’’ de Pierpoljack timidement repris par l’instituteur philosophe. 

Celui-ci, « Peillon pour lui, pauvre pécheur » tancé par le 1er soliste se repentira rapidement en promettant  de suivre plus attentivement la ‘’gestique’’ expressive et les sourcils réprobateurs du chef de chœur.

Quant à notre choriste frondeuse, elle aura pu démontrer son absence de dogmatisme puisque son aversion pour les champignons nucléaires ne l’empêche pas d’apprécier les variétés hallucinogènes.
Reste le cas du noble ténor au port altier et à la forte personnalité comme le soulignait récemment Audrey, son impresario aux onéreuses lunettes en écailles de tortue.

 Elle le verrait bien déloger le 1er soliste, mais ses élans lyriques semblent manquer de souffle et sa lecture des partitions erratiques. Il lui faudra redresser sa production musicale s’il veut éclabousser de son talent  immense la France en pâmoison. Sa récente apparition en marinière pourrait lui permettre une intégration dans la chorale des ‘’Marins d’Iroise’’ 

Qu’est ce qui fait que dans la prestation de ce chœur, réduit le plus souvent, tout au plus à un quintet vocal, nous ayons cette étrange sensation de maelström de couacs à répétitions, de cacophonie, de dissonances grinçantes, voire grotesques, comme autant de nuisances sonores , d’acouphènes perturbants ?

Probablement, notre conformisme petit bourgeois, rétif à la musique contemporaine ou au free jazz, ce qui paradoxalement nous rapproche des régimes communistes qui ont banni durant des décennies ce style de musique non mélodique et difficilement réceptive par le peuple pour correspondre aux idéaux socialistes.

Les critiques avertis, les mélomanes pédants,‘les esthètes de lard’, nous incitent à éduquer nos oreilles, à exciter leur curiosité, à ne pas être effarouchés  par les sonorités débraillées de ce  chœur aussi dissonant que trébuchant. 

Soyez compatissants, faites  comme l’un de mes voisins dont je tairai le nom par bonté d’âme,mais aussi parce que peu vous chaut , un type pourtant odieux, qui à chaque fois qu’il allait au restaurant avec une conquête finissait par régler le repas et  la rose du pakistanais alors qu’il avait horreur de payer, exécrait les roses, haïssait les pakistanais, et méprisait la gent féminine.

L’emploi de l’imparfait s’impose à son sujet, car à force de rentrer seul chez lui sans sa dulcinée, sans le pakistanais, et même sans la rose dont il n’avait gardé que les épines dans les doigts, il a fini par mourir du tétanos. 

Bon, je vous l’accorde, l’exemple est mal choisi et la fin tragique de ce triste individu pourrait freiner votre humanisme bienveillant, mais comparaison n’est pas raison. Ce type avait voulu exercer sur lui-même une forte contrainte pour devenir bon, il cumulait trop de handicaps, radin, raciste, hétérophobe, et son aversion pour les roses cachait des idées politiques contre nature. 

Il était odieux, il était normal qu’il aille au diable. 

Et puis, si cela pouvait vous rassurer, aucune revue médicale n’a recensé de cas de tétanos par agressions sonores,aucune contamination toujours possible par jets de postillons infectés lors de concerts n’est attestée à ce jour. 

Alors, abandonnez vos préjugés, délaissez les petits Chanteurs de Saint Marc et la voix cristalline de Jean Baptiste et allez applaudir sans retenue la dissonance flamboyante des choristes désaccordés.Il vaut mieux entendre ça que d’être sourd.

mardi 16 octobre 2012

‘’Chiens écrasés’’ et brèves de canards



Et si la lecture des faits divers, même automnaux, nous en disait plus sur la politique et les politiciens que les ‘’marronniers’’ de la presse qui périodiquement nous infligent, entre autres sujets tout aussi passionnants, une médiocre resucée de lieux communs sur les Francs Maçons.

Saluons quand même l’esprit d’initiative de Libération et du Nouvel Obs qui ont su innover avec de nouvelles variétés comme ‘’les cabinets blancs de la République’’ ou ‘’la galaxie des néo fachos ‘’, que l’on verra refleurir immanquablement l’année prochaine. 

C’est le ‘’Parisien’’, lui plus prosaïque, qui nous informe du cambriolage survenu au domicile du Ministre du Budget, par ailleurs expert capillaire de renom, à son modeste appartement situé Avenue Pierre 1er de Serbie dans le 16ème arrondissement tout aussi multiculturel que la goutte d’or mais en plus chic. 

On lui aurait dérobé, entre autres, huit montres qui seraient de marque ‘’Rolex, Jaeger Lecoutre, Boucheron, Chaumet, et Breiling. L’enquête diligentée rapidement a pu démontrer qu’aucune Lip, Festina, Swatch ou autres Yéma n’avaient été dérobées pour  la simple raison que le ministre avait déclaré ne pas en détenir.

Ce qui prouve au moins qu’il n’est pas un collectionneur compulsif et que son budget, comme celui de tous les français, n’est pas élastique, il sent lui aussi, le vent de la rigueur souffler sur son échine.  
Nous n’entrerons pas dans la polémique sur la surface du dit logement qui ne serait pas de 300 m2 comme indiqué par le journal, mais de 140 m2, voire peut  être de 150m2 selon d’autres sources. Cette différence peut sembler anecdotique mais elle a quand même deux incidences non négligeables.

Elle minimise la performance du malandrin ; en effet, découvrir huit tocantes dans un espace deux fois plus restreint qu’annoncé ne méritait peut être pas l’honneur des gazettes.

Elle montre aussi que la dimension  raisonnable de l’appartement est plus en adéquation avec l’empathie naturelle qu’éprouvent dès leur naissance les  responsables socialistes à l’égard de la classe ouvrière, sauf bien entendu, quand prise de boisson, celle-ci voit bleu-marine au lieu de voir rouge.

 Qu’est ce qui distingue un porteur de Rolex de gauche de son collègue de droite ? C’est assez simple, le politicien de la droite décomplexée  l’arbore ostensiblement, comme un signe de réussite, et pour ne pas décevoir Séguela, qui sait pertinemment qu’un mec de 50 balais qui n’a pas de Rolex a raté sa vie.

A la relecture de ces dernières lignes, je jette un coup d’œil furtif à mon poignet gauche, et ce que j’y vois, accrochée comme une bernique à son rocher, me désespère, une montre de pacotille reçue contre un abonnement annuel à mon ancien hebdomadaire préféré. 

Le societaliste, comme on devrait l’appeler désormais, puisque le social s’estompe peu à peu, a un avantage certain sur son dextre rival.  En effet, depuis la disparition des montres à gousset, les montres se portent très majoritairement à gauche, il est donc légitimé par cette tradition. 

D’autre part, l’homme polique de gauche est  d’abord et avant tout, un  esthète, un collectionneur, en l’occurrence, pour Cahuzac et Dray, ce sont  des mostrophilistes et non de riches bourgeois comme seraient tentés de répondre des béotiens avinés.

De même que Dumas, pas Alexandre, l’autre, Roland, qui collectionne les chaussures est un calcèologiste et non un fétichiste pervers comme pourraient le penser les fans libidineux de Marc Dorcel.

Contrairement à Brassens qui eut la magnanimité de ne pas sonner la maréchaussée quand il fut victime d’un monte-en-l’air, et qui en fit une chanson joliment tournée, notre ministre n’hésita pas à faire intervenir la maison poulaga.

Évidemment, si vous n’êtes pas sensible à  la poésie budgétaire et fiscale, si elle vous semble hermétique, et si vous préférez Prévert à votre percepteur, les feuilles d’impôts qui se  ramassent à la pelle et ne pourront même pas de servir de compost efficace et naturel pour votre jardinet vous raviront moins que les vers du poète sétois.

Mais il n’y a pas que les fait-divers, les brèves peuvent être aussi instructives, nous apprenons sur  ‘’Ouest-France’’ que notre Ministre de la ‘’Francofolie’’ a utilisé un Falcon privé pour se rendre à Kinshasa au sommet du même nom en violant la charte déontologique imposée par notre président ferroviaire. 
Ce dernier la remettra sur les rails d’une bonne gouvernance modeste et proche du peuple.

La porte parole du gouvernement, a répondu quelque peu embarrassée « J’ignore dans quelles conditions elle a pris ce Falcon, mais, enfin, j’imagine qu’il n’y avait pas d’autre choix possible, connaissant Yamina Benguigui » dont un autre quotidien facétieux nous apprend qu’au Quay d’Orsay on l’appelle Mickael Jackson. Ah bon, pourquoi donc ?

Imaginez, seulement un instant, ce que fut, en son temps, la réaction de ces mêmes societalistes lorsqu’un des prédécesseurs de notre jacksonienne secrétaire d’état,  Alain Joyandet s’était cassé en Falcon en Martinique. Malgré l’excuse d’une probable mauvaise interprétation de la célèbre apostrophe de son chef au salon de l’agriculture qui ne lui était pas destinée « Casse toi, pauv’con’’, il avait du démissionné.

Enfin une dernière brève pour la route, Dieudonné aurait des ennuis avec l’administration fiscale qui lui réclamerait 887.000 €, et la justice serait sur le point de vendre aux enchères un ensemble immobilier lui appartenant, ce qui pourrait se résumer ainsi : le fisc veut reprendre à Mr M’Bala M’Bala ce que Dieu lui a donné. 

C’est tout simplement mesquin. Il semble que l’humoriste ait bénéficié de moins de mansuétude que l’auteur de l’impérissable chenille africaine ‘’Saga Africa, ambiance de la brousse….

Morale de cette histoire, selon que vous serez aimable politiquement ou misérable idéologiquement, le fisc saura se montrer plus ou moins patient et les jugements de la cour vous rendront blanc ou noir.
Revenons pour conclure à la mésaventure du grand argentier désargenté, 

 Il est probable qu’il ne prendra pas le temps, et c’est bien normal, puisqu’il n’a plus de montre, de féliciter l’amateur d’art qui a su faire  preuve, à la fois ,de bon gout et de solidarité ouvrière en dédaignant la calculette financière posée en évidence sur le bureau, afin de ne pas le priver de son outil de travail. 


Qu’il nous soit alors permis de le faire à sa place, et à l’image du bon Georges qui dans le  post-scriptum à  ‘’ Stances à un cambrioleur’conseillait à son voleur dont il pressentait que ce fut son seul talent de ‘’prendre pignon sur rue’’, et de se mettre dans les affaires, nous lui suggérons d’ouvrir une galerie d’art en guise de niche fiscale.